Association française d'information funéraire - AFIF -

Association française d'information funéraire - AFIF - Organisme indépendant et impartial d'aide pour les obsèques et le funéraire. www.afif.asso.fr et permanence téléphonique : 05 46 43 44 12 . Structure associative indépendante de tout syndicat, fédération, société commerciale ou autre association.
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Déclarée en préfecture le 13/05/1992. Aide et information spécialisée pour les familles, les services administratifs et sociaux, les professionnels de santé (dont samu et smur) ainsi que les médias. Sa mission permet de :
- Sélectionner en toute connaissance une entreprise funéraire de pompes funèbres, de marbrerie ou d'assurances,
- Choisir les produits et les services,
- Avoir connaissance de la législation,
- Aider toute personne dans les démarches à accomplir (lettres types gratuites sur le site www.afif.asso.fr).
- Conseiller les familles lors de situations conflictuelles.

Fonctionnement normal

06/08/2019

Parution : Çà m'intéresse juin 2019

Crémation : non ce n’est pas forcément écolo !

Une chose est sûre : quelle que soit l’option choisie, les obsèques sont polluantes.

L’année dernière, la Fondation des services funéraires de la ville de Paris a comparé les différents types d’obsèques en Île-de-France. Résultat : une inhumation émettrait 3,6 fois plus de gaz à effet de serre (11 % des émissions annuelles d’un Français qu’une crémation. Les premiers postes de rejet : la construction d’un caveau en béton et l’installation d’un monument (importé dans 80 % des cas) pour l’inhumation, et pour la crémation, le gaz servant à chauffer le four à 900 °C.

MAIS L'ETUDE NE BALAIE PAS TOUS LES ENJEUX
Quid des soins à base de formol – ou formaldéhyde, cancérogène avéré chez l’homme – utilisés pour conserver les corps ? Ou des métaux lourds s’accumulant toute la vie dans les organismes ? D’après le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique, les crématoriums représentent 4,3 % des émissions de mercure en France métropolitaine en 2016. « Depuis début 2018, tous doivent être équipés de filtres, mais il est vrai que certains ne respectent pas encore l’obligation », concède la Fédération française de crémation.

L'INHUMATION SERAIT-ELLE PRÉFÉRABLE ?

Là aussi, les études manquent. « Les métaux lourds et le formol libérés par la dégradation des corps polluent les nappes phréatiques », pointe Michel Kawnik, président de l’Association française d’information funéraire. Cependant, de nombreuses initiatives écologiques émergent dans l’ensemble du secteur : cercueils en carton, cimetières sans pesticide ni formol, parcs funéraires, récupération de l’énergie des crématoriums pour le chauffage…

Représentant 37 % des obsèques, la crémation, autorisée en France en 1887 mais interdite par la religion catholique jusqu’en 1963, gagne du terrain sur l’inhumation : 24 % des Français l’envisageraient pour des raisons écologiques.

N. P.

01/07/2019

L'Éveil Normand - 30 juin 2019 -

MÊME MORTS, LES HUMAINS POLLUENT

La crémation et l’inhumation émettent des quantités importantes de gaz à effet de serre. Une pollution reconnue par les sociétés de pompes funèbres à Bernay. Enquête.

Les employés de Vouin Marbrerie déplacent les pierres d’un futur monument funéraire.
Devant la boutique de la société Vouin Marbrerie, des monuments funéraires en marbre sont exposés. « Ils sont fabriqués dans la région et dans le Nord », assure Olivier Fouquet, le marbrier, tout en plaçant les pierres sur la nacelle. Le granit et le marbre sont généralement importés de Chine et d’Inde. « Mais ils sont pleins de défauts et vieillissent mal », juge Olivier Fouquet. D’après une étude des services funéraires de la Ville de Paris publiée en 2017, la fabrication des caveaux en ciment émet du gaz à effet de serre en grande quantité. Selon elle, l’inhumation génère en moyenne 3,6 fois plus de gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement climatique, qu’une crémation. Les Français sont de plus en plus à préférer l’incinération à l’enterrement. Eh oui, entre 40 % et 45 % d’entre eux procèdent à une crémation, contre 1 % en 1986.

JARDINS DU SOUVENIR ET COLUMBARIUMS

« Avant, on regardait de travers les personnes voulant se faire incinérer. Nous ne pouvions répartir les cendres dans aucun lieu », témoigne Michaël Jumel, président de l’association Crématiste de l’Eure. Aujourd’hui, les jardins du souvenir et les columbariums, où les familles peuvent disperser les cendres de leurs proches, existent dans presque toutes les communes de l’Eure. Les crématoriums rejettent du mercure et des solvants qui émettent du gaz à effet de serre. Toutefois, un arrêté du 28 juillet 2010 « relatif à la hauteur de la cheminée des crématoriums et aux quantités maximales de polluants contenus dans les gaz rejetés à l’atmosphère » impose aux crématoriums de s’équiper de filtres. « La France est l’un des rares pays en Europe où certains crématoriums ne sont pas équipés de filtres. Il faut plus de contrôle pour veiller au respect de la législation », alerte Michel Kawnik, le président de l’Association française d’information funéraire.

Les sociétés de pompes funèbres se chargent de la conservation du corps dans l’attente de la mise en cercueil. Il est question d’un simple habillage et d’une toilette pour l’entreprise Lhuillier à Beaumont-le-Roger et Le Neubourg. La société Vouin Marbrerie à Bernay propose également une toilette, mais aussi un soin de présentation, pratiqué par un thanatopracteur. Il injecte 6 à 10 litres d’un liquide biocide tel que le formol dans le corps du défunt pour le laver et le désinfecter. Selon Michel Kawnik, la méthode est appliquée par 80 % des sociétés de pompes funèbres. Les conseillers funéraires l’expliquent au préalable avec parfois quelques tabous. « On respecte le choix du défunt, mais parfois on ne le connaît pas car le défunt n’a pas voulu en parler. Dans ce cas, c’est à la famille de décider. On explique ce que fait le thanatopracteur, en évitant les détails un peu crus », explique Olivier Fouquet, marbrier à Bernay.

UNE PRATIQUE TRÈS RÉGLEMENTÉE

La thanatopraxie est extrêmement réglementée. Elle doit être pratiquée avec l’autorisation du maire, du défunt ou de la personne chargée des obsèques et du médecin ayant constaté le décès. « Les soins de présentation ne sont pas systématiques. Nous laissons le choix aux familles. On doit aussi faire une déclaration en mairie où les soins de présentation sont réalisés. On informe de la date, de l’heure, de l’endroit. On indique quel soin et quel produit ont été effectués », témoigne anonymement un conseiller funéraire, conscient des dangers sanitaires liés au formol.

En effet, le formol est classé dans la catégorie des cancérigènes et son exposition est liée à un risque très élevé de leucémie. De plus, lors de la décomposition d’un corps, le produit se répand. Si le caveau est étanche, il s’enfonce dans la terre et la pollue. « On ne peut pas savoir si le caveau est hermétique. Mais je pense que non car c’est du ciment, donc le produit passe à travers », estime Olivier Fouquet.

Le formol ne devrait être autorisé que lorsque le corps du défunt est conservé à domicile, soit dans 2 % des cas », explique Michel Kawnik.

La France, contrairement à de nombreux pays européens, n’interdit pas l’injection de formol lors d’une cérémonie avec crémation. Le produit, employé avec d’autres molécules chimiques, rejette de la dioxine, qui est classée parmi les polluants organiques persistants. Il peut être à l’origine d’atteintes cutanées, d’altérations de la fonction hépatique, des systèmes immunitaires, nerveux et endocriniens et de la fonction de reproduction.

CERCUEILS EN CARTON ET COMPOST HUMAIN

Comment ne pas polluer après sa mort ? Certaines sociétés de pompes funèbres vendent des cercueils en carton recyclé et des urnes biodégradables. Ils coûtent en moyenne 350 €, alors que les cercueils en bois de chêne, d’acajou et de sapin coûtent entre 500 et 2 000 €. L’inhumation sans cercueil, en pleine terre, est interdite par la loi française. Le recours au cercueil est donc obligatoire.

Les deux rites funéraires autorisés sont l’inhumation et la crémation. Une pétition circule en ligne pour légaliser l’humusation. Le corps serait déposé dans un linceul biodégradable, sans embaumement, et serait recouvert d’une couche de matières végétales broyées puis de copeaux humidifiés, pour se transformer en un humus fertile. Plusieurs milliers de Belges ont exprimé leur volonté d’être humusés en envoyant un acte de dernière volonté à leur administration communale. « Les clients ne m’ont jamais demandé à être humusés », affirme le conseiller funéraire. Elisabeth Lamure, une sénatrice LR, a déclaré lors d’une séance au Sénat que des habitants de son département dans le Rhône souhaitaient en bénéficier. Ce à quoi le ministère de l’Intérieur a répondu que « l’humusation est actuellement interdite » et que son introduction en droit interne « soulèverait des questions importantes, tenant notamment à l’absence de statut juridique des particules issues de cette technique ». Et vous, souhaiteriez-vous être réincarné en compost ?

Florent Lemaire
L'Éveil Normand

FRAIS D'OBSEQUES : NOS CONSEILS POUR EVITER LES ARNAQUESFemme Actuelle Le MAG du 26 mars 2019Prix trop élevé, manque de ...
27/03/2019
ASSOCIATION FRANCAISE D'INFORMATION FUNERAIRE : choix des pompes funèbres, aide et conseils, charte d'éthique et agrément de qualité.

FRAIS D'OBSEQUES : NOS CONSEILS POUR EVITER LES ARNAQUES

Femme Actuelle Le MAG du 26 mars 2019

Prix trop élevé, manque de transparence... Les entreprises funéraires sont régulièrement pointées du doigt pour leurs pratiques douteuses, profitant d’un moment de faiblesse des familles pour facturer des prestations chères ou proposer des options inutiles. La DGCCRF, qui vient de présenter son bilan 2018, pointe des anomalies dans deux tiers des 600 entreprises de pompes funèbres qu’elle a contrôlées !

LE DEVIS, ETAPE INCONTOURNABLE
Prenez le temps de comparer deux ou trois agences (vous disposez de six jours ouvrés pour vous organiser). Demandez un devis écrit, détaillé et standardisé. C’est gratuit. Ce document doit faire apparaître clairement les prestations courantes, celles qui sont optionnelles et celles qui sont effectuées par une entreprise tierce. Sachez que les prestations obligatoires en l’état actuel de la législation sont : le cercueil avec quatre poignées (à l’exclusion de ses accessoires), la plaque d’identité, l’opération d’inhumation ou de crémation, le cendrier cinéraire.
L’arnaque la plus courante : facturer des prestations optionnelles en les faisant passer pour obligatoires.

TRANSPORT ET CONSERVATION DU CORPS : BON A SAVOIR
Sachez que le transfert du corps du défunt vers une chambre funéraire n’est jamais obligatoire. On peut le conserver à domicile. Si le décès survient à l’hôpital ou en maison de retraite, ces établissements peuvent le conserver gratuitement pendant trois jours**. Or, ils insistent souvent pour que vous transfériez le corps – à vos frais – le plus rapidement possible. Ne vous laissez pas faire ! Par ailleurs, les sociétés funéraires incitent trop souvent à souscrire à une préparation du corps (la thanatopraxie), qui consiste en une injection de formol pour le conserver. Or elle n’a – là encore - aucun caractère obligatoire.

FINANCER LES OBSEQUES
Si le défunt avait souscrit un contrat obsèques (comme un quart des plus de 60 ans), ne le mentionnez pas tout de suite ou restez flou sur le sujet pour ne pas tenter l’entreprise de pompes funèbres de gonfler ses prix, une pratique frauduleuse courante. Cette assurance, souscrite auprès d’une banque, d’un assureur ou d’un opérateur de pompes funèbres, prévoit soit le versement d’un capital ou l’organisation complète des funérailles (il faut alors s’assurer que les prestations correspondent au contrat).
Pour couvrir les frais funéraires, pensez aussi à interroger la mutuelle du défunt (certains contrats les couvrent, voire pratiquent le tiers payant auprès des pompes funèbres). Sinon, demandez à les prélever sur le compte bancaire du défunt : c’est possible jusqu’à 5 000 euros, sachant que les livrets d’épargne peuvent être utilisés (mais pas l’assurance-vie ou les autres placements).

Si vous êtes perdu, appelez l’Association française d’information funéraire (tel. : 01 45 44 90 03) ou rendez-vous sur leur site : https://www.afif.asso.fr

** Note corrective de l’AFIF : l’hébergement lors d’un décès en maison de retraite - domicile de la personne défunte - n’est pas limité aux 3 premiers jours.

Aide et information impartiale : pompes funèbres, marbrerie, contrats obsèques, législation funéraire, organismes d'aide et de soins palliatifs, etc.

09/11/2018

Aider notre association. L’AFIF dans les médias pour la Toussaint

05/11/2018

Pompes funèbres: un business qui prospère dans l'ombre

05/11/2018

Toussaint : manque de place et prix exorbitants, les Parisiens inhumés ailleurs

Emission reprenant les abus et les dérives régulièrement dénoncés par l'Association française d'information funéraire......
05/05/2018
Les dérives du commerce des obsèques

Emission reprenant les abus et les dérives régulièrement dénoncés par l'Association française d'information funéraire...

Emission de France culture du 4 mai 2018
Journaliste : Philippe Reltien

LES DERIVES DU COMMERCE DES OBSEQUES
Prestations extravagantes, envolée des prix, commissions illégales : en France, depuis l'ouverture à la concurrence, la bataille commerciale autour des pompes funèbres ne profite pas vraiment au consommateur.
Le marché des obsèques en France pèse, monuments et articles de cimetières compris, près de 2,5 milliards d’euros. Avec 594 000 décès en 2016, ce commerce n'est pas près de faire faillite : dans 30 ans, conséquence du vieillissement naturel de la population, ce seront près de 750 000 personnes qui décéderont tous les ans. Comment les grands groupes se chargent-ils de vos obsèques ?

DES PRESTATIONS EXTRAVAGANTES
Le cercueil avec quatre poignées obligatoires reste l’article incontournable, le produit d’appel de tous les commerces, physique ou en ligne. Chaque enterrement ou crémation effectuée en France doit obligatoirement se faire avec un cercueil, avec quatre poignées pour le soulever. On en trouve à tous les prix, de 450 euros pour un cercueil en aggloméré (700 euros pour du carton amélioré) jusqu'à plus de 3 000 euros pour du chêne massif. Celui de Johnny Hallyday en érable blanc est vendu 1 900 euros. Vernis, poignées additionnelles, capiton : toutes les prestations supplémentaires sont optionnelles
Des prestations qui peuvent parfois sembler extravagantes. Pour honorer les cendres après la crémation, on propose par exemple des dispersions en mer, en montgolfière, voire dans l'espace. Plus original encore (mais interdit en France), certains n'hésitent pas à faire transformer les cendres de leurs défunts… en diamants. "Le diamant, c’est du carbone pur, explique Michaud Nérard, ancien directeur des services funéraires de la Ville de Paris. Il suffit d’extraire le carbone des cendres, et de le mettre sous de très fortes pressions et à très haute température pour obtenir des diamants. Vous pouvez porter votre belle-mère au doigt !".
Pour attirer la clientèle, les pompes funèbres proposent également des options gratuites. À Vitry-le-François, vous pouvez vous offrir le modèle du corbillard utilisé pour les funérailles Johnny Hallyday. "Nous le mettons gracieusement à disposition pour tout le monde, s'enthousiasme Thierry Ceotto, gérant d'un établissement Funéris. Nous ne faisons pas d’argent avec, cela nous permet juste de valoriser notre image de marque à travers les enterrements."

LA FACTURE LA PLUS LOURDE POSSIBLE
Pour capter l’attention des proches du défunt éprouvés émotionnellement, vulnérables, et forcés dans l’urgence d’arranger les obsèques dans un délai de six jours, une véritable course commerciale commence d’abord pour comparer des devis, notamment sur internet.
Beaucoup de sites spécialisés dans le funéraire proposent des applications payantes comme un coffre-fort numérique (pour ranger les codes et les papiers du défunt) ou encore la sépulture numérique : pas besoin d’aller fleurir la tombe, on peut se rendre sur un site pour revoir le défunt et entendre sa voix. "Certaines prestations peuvent paraître fantaisistes" met en garde Arnaud de Blauwe, rédacteur en chef de Que Choisir, qui propose un guide pour bien préparer ses obsèques. Les entreprises de pompes funèbres, même les plus sérieuses, vont essayer de vous imposer la facture la plus lourde possible."
Le but commercial est resté le même, mais le bouquet des services en options s’est étoffé. Grace à internet, on est passé en dix ans de 3 000 points de ventes à 6 000, alors que le nombre d’agences de proximité indépendantes diminue. Dans les années 1980, avant l’ouverture à la concurrence, un employé funéraire dénonçait déjà certaines dérives. "Il y avait de véritables escroqueries aux familles, raconte Olivier Géhin, aujourd’hui journaliste au Magazine funéraire. Les factures étaient alourdies par des soins mortuaires qui n'étaient en fait pas réalisés."

UNE COMMERCIALISATION DES OBSEQUES
Trois "poids-lourd" des Pompes Funèbres se partagent le marché en France.
Le numéro un, c’est OGF et sa marque PFG (Pompes funèbres générales), qui organise chaque année 125 000 obsèques, soit plus de 20 % du marché. Véritable conglomérat, PFG dispose d'un millier de magasins, de plusieurs chaines de crématoriums, mais aussi d’usines de cercueils avec… des forêts : dans les Vosges et dans les Landes, OGF fabrique 140 000 cercueils.
Deux autres groupes se partagent le gros du marché : Le choix funéraire et Roc Eclerc, dernier né de la réforme des pompes funèbres il y a 20 ans, se voulant la "grande surface du funéraire". À côté de ces trois "géants", des centaines d’enseignes indépendantes tentent de survivre.
Depuis la loi de 1905 et avant l'ouverture à la concurrence, les pompes funèbres étaient un monopole communal placé sous la responsabilité du maire. Mais à la fin des années 1970, ce service public est délégué à des acteurs privés, comme la Lyonnaise des Eaux, qui devient actionnaire du groupe PFG. "Les pompes funèbres deviennent un service commercial proposé et négocié avec les communes, au même titre que les transports, l’eau ou l’assainissement" constate le journaliste Olivier Géhin.
Une commercialisation des obsèques qui fait parfois scandale. Les prix s’envolent, les préfets ne contrôlant plus les cahiers des charges des pompes funèbres. Des maires de grandes villes sont vite soupçonnés de corruption et de financement illégal de partis politiques. Finalement, le 8 Janvier 1993, le gouvernement Bérégovoy met fin au monopole et ouvre les pompes funèbres à la concurrence.

DES PRIX QUI ONT GRIMPE
Certains fonds d’investissement étrangers vont s’engouffrer dans la brèche. C'est un fond canadien, Ontario Teachers, qui détient aujourd’hui 75 % du groupe OGF (qui détient lui-même PFG). Un investissement très rentable. "Le commerce funéraire leur apporte une certaine visibilité et une certaine sécurité, justifie Jean Ruellan, directeur marketing d’OGF_. De notre côté, cela nous permet d'avoir énormément de moyens pour notre développement." _Des enterrements en cercueils français avec une partie des dividendes qui partent au Canada…
Malgré les économies d’échelle et les gains de productivité réalisés, les prix ne baissent pas, et augmentent à un rythme deux fois plus élevé que celui de l'inflation. Les obsèques coûtent aujourd'hui en moyenne autour de 4 000 euros.

DES CONTRATS ABUSIFS
Autre conséquence de l’ouverture à la concurrence, le développement du marché de la prévoyance obsèques : 80 % de contrats obsèques offrent contre cotisations un capital fixé dès le départ pour financer ses obsèques. Plus de 5 millions de Français ont signé depuis qu'ils existent ce type de contrats auprès d’une banque ou d’une assurance, et cotisent chaque mois. Ils pensent ainsi ne plus être à la charge de leurs proches. Le problème, c'est que ces contrats sont souvent obscurs, beaucoup de personnes âgées ne comprenant pas ce à quoi elles s'engagent.
Ainsi, à la mort de son mari, Colette R.*, alors âgée de 81 ans, souscrit un contrat d’assurance obsèques auprès du Crédit Agricole. Il est prévu qu'elle verse des mensualités de 47 euros jusqu'à sa mort (le contrat est à "durée viagère"). Une somme en capital de 3 000 euros lui est promise à son décès. Sauf qu’elle a dû refaire ses calculs quelques années plus t**d quand ses médecins lui ont annoncé au moins dix ans de plus à vivre, alors qu’elle avait déjà versé en cotisations plus que la somme promise. Mais impossible pour elle d'arrêter les versements, sous peine de perdre les deux tiers de son argent. "On lui rendrait seulement 1 100 euros. Elle paye tous les mois à fond perdu, déplore la fille de Colette. Cela me révolte. C’est du vol, je ne comprends pas que l’on puisse continuer à proposer des contrats aussi abusifs."
De nombreuses clauses dans ces contrats peuvent même permettre aux banques de ne pas reverser l'argent cotisé : un décès qui survient avant la date prévue dans le contrat, dans un accident de la route ou sur un terrain de guerre. "Il faut vraiment lire le contrat dans les petites lignes, conseille Pascale Barlet de Que choisir. Le professionnel derrière le guichet devrait s’assurer des volontés précises de chaque souscripteur

DE LA CONCURRENCE DELOYALE
Ces contrats obsèques sont aussi parfois un moyen d’orienter la clientèle vers un opérateur funéraire particulier. Une pratique pourtant illégale : tout souscripteur a le droit de choisir librement son entreprise de pompes funèbres et d’en changer à tout moment sans frais supplémentaires. La loi interdit aussi le démarchage ou la publicité pour une entreprise particulière, même quand le contrat obsèques en propose une, alliée à la banque ou à l’assureur. Mais certaines pratiques permettent de contourner le règlement.
Clément W.*, client de l’assureur Aviva, souscrit en 2015 un contrat obsèques sans choisir l'opérateur qui va l’enterrer. Un an plus t**d, son assureur le relance, en lui donnant une carte de souscripteur avec un numéro vert gratuit, qui peut "s’il le désire", aider sa famille au moment de son décès. Mais derrière ce numéro vert se cache la plateforme à distance des conseillers du groupe OGF, partenaire historique de l’assureur Aviva. "L’idée c’est que dans la panique, après le décès de Clément W., la famille appelle ce numéro plutôt qu’un autre, souligne Ophélie Chauffert, gérante d'un établissement indépendant de pompes funèbres dans la Marne. "Les conseillers vont naturellement orienter les proches, qui pensent que c'est le choix du défunt, vers une boutique OGF. Pour moi, c’est clairement du détournement de clientèle." avant de le faire signer et l’avertir du contenu de toutes les clauses."
De son côté, OGF dément toute pratique illégale. "C’est un service apporté en plus du capital assuré, pour décharger les proches au moment du décès, reconnait Jean Ruellan, directeur marketing du groupe OGF. Je ne vois pas où est le soupçon. L'entente n'existe pas. La carte souscripteur, c'était de l'information. Et d’ailleurs, maintenant, ça n'existe plus."
Consulté sur cette pratique, l’auteur de la loi sur la concurrence, le sénateur PS du Loiret Jean-Pierre Sueur dénonce "un détournement du contrat obsèques pour en faire une opération financière." et ajoute qu'"un grand nombre de ces contrats est contraire à la loi, il faut les contester devant les tribunaux et porter plainte" conseille-t-il.
Les derniers opérateurs indépendants du réseau Funéris dénoncent sur leur site ce qu’ils considèrent comme une entente entre les banques, les assurances et les grands groupes du funéraire. "Nous allons porter plainte pour concurrence déloyale, annonce Thierry Ceotto, gérant du Funéris de Vitry-le-François. On a de plus en plus d’exemples de familles qui se plaignent de cette complexité administrative, et ne choisissent plus librement leur opérateur funéraire. C’est vous qui devez choisir votre opérateur funéraire, pas le contraire."

DES COMMISSIONS CACHEES ILLEGALES
Une autre pratique illégale peut surprendre lorsque l'on examine certaines factures d'obsèques.
Des commissions, rebaptisées "frais de dossiers", sont imposées quand un grand groupe funéraire fait appel à son concurrent pour enterrer une personne dans une ville où ce groupe n'a pas de magasin. Cette commission s'élève à 10 % du capital ou davantage parfois. De l’argent en moins pour les familles. "Comment voulez-vous que ça ne se répercute pas sur la facture finale ?" s'exclame Thierry Ceotto. "Cela explique en partie l’envolée des prix, s’indigne Ophélie Chauffert, du réseau Funéris. Les 10 % en question, il faut bien les payer. Le capital disponible pour la famille est forcément réduit. On peut considérer cela comme du racket."
Simone P.* fait partie de ces personnes abusées. Elle a conclu un contrat obsèques avec la Banque postale, partenaire du groupe Le choix funéraire. Sauf que Simone P. indique à sa famille qu’elle souhaite être enterrée par l’enseigne familiale proche de son village, qu’elle connait bien. La Société UDIFE-Le choix funéraire, qui n’a personne sur place, va alors mandater l’enseigne locale en lui imposant une commission de 10 %. Le capital pour financer les obsèques de Simone P. était de 3 000 euros, facturé à la petite enseigne 3 240 euros.
La Banque postale ne dément pas ce cas précis, et condamne ce type de pratiques. "En aucun cas la famille du défunt ne doit être facturée en supplément pour les prestations choisies par contrat, nous écrit-elle dans un communiqué. Si tel était le cas, nous serions aux côtés de notre partenaire Le Choix funéraire pour que la famille soit remboursée de la somme exigée par le prestataire indélicat."
Ces commissions abusives, si elles sont répercutées sur les familles, sont punies par la loi, qui prévoit jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

"LE CONTRAT OBSEQUES N'EST PAS UNE OBLIGATION"
Les 5 millions de souscripteurs de contrats obsèques ignorent parfois leurs droits. "Les contrats où rien n’est précisé entrainent de nombreuses dérives, accuse le sénateur Jean-Pierre Sueur. Si la personne qui a souscrit un contrat change d’avis sur l’entreprise qui doit l’enterrer, cela ne doit normalement entrainer pour elle que des frais administratifs minimes."
Le sénateur n'a pas souhaité souscrire de contrat obsèques pour lui-même ou pour son épouse. "Je trouve ça bien que les enfants financent les obsèques des parents, c’est un devoir de solidarité, affirme-t-il. Si les parents veulent aider leurs enfants, ils peuvent tout à fait leur léguer une somme d’argent. Le contrat obsèques n'est pas une obligation." D’autant moins utile que la loi permet de prélever jusqu’à 5 000 euros sur le compte du défunt pour financer ses obsèques. Les sénateurs ont un régime obsèques particulier, équivalent à six mois de leur pension de retraite, et vont devoir réaligner leur allocation funéraire, comme l’ont fait les députés, qui n’ont plus qu’une indemnité plafonnée à 2 350 euros sur facture.

"CERTAINES FAMILLES NE VIENNENT PAS RECUPERER LE CORPS DU DEFUNT"
En matière de mort, il y a ceux qui ont les moyens de prévoir, et il y a les autres. Plus de 4 millions de personnes vivent avec moins de 690 euros par mois en France. Des personnes en situation précaire qui n'ont pas les moyens de financer leurs obsèques.
Lors des canicules de 2003 et 2006, des dizaines de morts sont ainsi délaissés. "On se retrouve avec des personnes qui n’ont plus d’aides, qu’on ne peut pas enterrer, se désole Huguette Boissonnat, du mouvement ATD Quart Monde. On ne va plus chercher son mort, car sinon on doit payer son enterrement." Les morts "oubliés" ont été conservées dans des hôpitaux ou des chambres froides. À l’époque, ni la Sécurité sociale, ni la CMU (Couverture maladie universelle) qui vient d’être instaurée, ne couvre les frais d’obsèques pour les plus pauvres. "On a dû monter au créneau pour changer la loi et forcer les communes à reprendre leur rôle d’enterrement des indigents", rappelle cette militante.
Mais encore aujourd’hui, des communes refusent de prendre en charge la totalité de la facture des indigents. Huguette Boissonnant témoigne de la situation d'un bébé décédé à l'hôpital de Dijon (Côté d'Or) et dont la famille, en situation de précarité, vit à Langres (Haute-Marne), à 80 km de la capitale de la Bourgogne. "Langres accepte d'enterrer le bébé dans sa commune en tant qu'indigent, mais ne peut pas payer le rapatriement du corps. Le bébé reste au frigo à Dijon", fulmine la militante. Du coup, Huguette Boissonnat, également dentiste de profession, fait la quête auprès de ses clients pour faire des dons et payer la différence.

UN CONTRAT OBSEQUES POUR LES PLUS PAUVRES
Pour tenter de casser cette spirale de la précarité, même dans la mort, ATD Quart Monde en Lorraine a mis en place, avec un assureur local et le groupe funéraire Roc Eclerc, un contrat obsèques de 50 centimes à 13 euros de cotisation par mois. C’est le moins cher de France. Il garantit un capital de 2 500ٔ euros pour payer une cérémonie, et un enterrement ou une crémation digne. "On a pu abaisser le prix de la prestation à 1 080 euros, avec une crémation à Nancy à 400 euros précise Frédéric Ciliberti, directeur de ce programme à Nancy. Ainsi, quand une personne sous contrat décède dans un foyer par exemple, plus aucune commune ne se pose la question du financement du transport du corps. Chaque personne qui rentre dans nos agences peut bénéficier de ce contrat."
À Paris, c'est le collectif Les Morts de la rue qui s'efforce, avec l'aide des services funéraires de la ville de Paris, d’enterrer dignement les SDF et les indigents.
*Tous les noms et prénoms ont été changés

Voir https://www.franceculture.fr/economie/les-derives-du-commerce-des-obseques

Prestations extravagantes, envolée des prix, commissions illégales : en France, depuis l'ouverture à la concurrence, la bataille commerciale autour des pompes funèbres ne profite pas vraiment au consommateur.

Adresse

66 Rue Philippe Vincent
Paris
17000

Informations générales

L'Association Française d'information funéraire - AFIF - est reconnue pour être à l'origine de l'information et de la transparence. Président et fondateur : Michel Kawnik 1992 : - Mise à disposition d'une permanence téléphonique nationale 24 h / 24, - Création du site minitel 3615 AFIF, - Communication impartiale de questionnaires et des prix pratiqués, - Elaboration du premier modèle national de devis. - Liste des démarches et courriers types mis gratuitement à disposition. Cette politique d'information et de conseils a favorisé la fin de certains abus souvent liés au privilège d'exclusivité du monopole funéraire. 1993 : - Elaboration de la première charte funéraire d'éthique et de qualité avec agrément et mise en œuvre de contrôles réguliers et anonymes. 1997 : - Création du site internet www.afif.asso.fr L'AFIF, mouvement associatif indépendant qui a toujours dénoncé : - La loi du silence, les ententes illicites et l'abus de position dominante, - Le non respect des familles, les procédés de désinformation et de tromperie. - La grande vulnérabilité des familles face à des professionnels douteux et leurs stratégies malhonnêtes (voir les condamnations du Conseil de la concurrence) L'AFIF alerte depuis de longues années les instances gouvernementales et la presse sur : - Des entreprises et des dirigeants malsains qui doivent être exclus de cette activité de Service Public, - Les graves pollutions mercurielles, de plomb et de cadmium ainsi que le dégagement de dioxine, conséquences de l'absence de filtre pour les crématoriums, - L'existence de produits qui respectent notre planète (cercueils, fluides de conservation) , produits non proposés à la vente par les entreprises de pompes funèbres. L'abus et la non information du droit des familles lors d'un décès en centre de soins ou dans une maison de retraite ehpad. L'AFIF propose des séances d'information et sa participation à des colloques.

Téléphone

+33546434412

Produits

En plus de sa première mission d'aide, d'information et de soutien des familles, l'Association française d'information funéraire - AFIF - propose

- Le téléchargement gratuit de plus de 30 lettres types pour les démarches et les formalités à accomplir après un décès.
Voir http://www.afif.asso.fr/francais/Default.htm

- Une charte d'éthique et de qualité destinée aux sociétés de pompes funèbres qui s'engagent sur la transparence et le respect des familles.
Voir www.afif.asso.fr/francais/charte.html

- Le Grand livre du Souvenir afin que toute personne puisse insérer gratuitement un texte d'hommage et des photos.
Voir www.afif.asso.fr/francais/Souvenir/Livre.du.Souvenir.htm

- Une prestation d'immersion ou de dispersion de cendres cinéraires en Méditerranée ou dans l'Atlantique, acte effectué avec toute garantie et respect.
Voir www.afif.asso.fr/francais/conseils/conseil04.html

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