SFE - Société française d'ethnomusicologie

SFE - Société française d'ethnomusicologie La SFE est une société savante dont la mission est d'encourager, soutenir et promouvoir la réflexion sur toutes les musiques du monde. La Société française d'ethnomusicologie a fêté ses 30 ans en 2013.
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Elle compte près de 200 membres, en France et à l'étranger, principalement parmi les chercheurs, les enseignants et les étudiants en ethnomusicologie. Elle est subventionnée par le Ministère de la Culture (Direction de la Musique) en tant que société savante. Sa mission est d'encourager, soutenir et promouvoir la réflexion sur les musiques du monde. La SFE, c’est aussi un réseau d’experts, actifs

Elle compte près de 200 membres, en France et à l'étranger, principalement parmi les chercheurs, les enseignants et les étudiants en ethnomusicologie. Elle est subventionnée par le Ministère de la Culture (Direction de la Musique) en tant que société savante. Sa mission est d'encourager, soutenir et promouvoir la réflexion sur les musiques du monde. La SFE, c’est aussi un réseau d’experts, actifs

Fonctionnement normal

03/07/2021
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Appel à communications pour les Journées d’études de la Société française d’ethnomusicologie (Sfe)

La collection d'un voyageur
Instruments muets et instruments sonores
Avec Maurice Fleuret, autour de la Galerie sonore

24 – 26 septembre 2021 à Angers
En partenariat avec: Ville d’Angers, UCO, Galerie sonore, Angers Nantes Opéra

Argument:
Avec Maurice Fleuret, du festival de Lille à la Galerie sonore, la collection d’un voyageur, les inventions d’un directeur de la musique et de la danse.
Autour de la Galerie sonore, les collections d’instruments de musique comme outils de la pratique musicale collective, et leur éventuel devenir patrimonial.
Critique musical, en particulier au Nouvel Observateur, directeur artistique des Semaines musicales internationales de Paris (Smip) de 1968 à 1973, puis du Festival de Lille en 1977, directeur de la musique et de la danse au ministère de la culture de 1981 à 1988, Maurice Fleuret est, aux dires de Jean-Michel Damian et des producteurs de France Musique réunis en assemblée générale en 1990, « avec Claude Samuel un des deux grands animateurs de la vie musicale que la France ait connue depuis 1945 ». L’Orchestre national de jazz, la Fête de la musique, les Centres de musiques traditionnelles en région, on ne compte plus les inventions, les créations de Maurice Fleuret et de son équipe, dont... celle de la Société française d’ethnomusicologie pour, dit la légende, permettre l’implantation d’un enseignement de l’ethnomusicologie à l’université de Paris X Nanterre.
« La création de la Galerie Sonore est sans aucun doute une application proche de la vision culturelle des socialistes et anticipe la politique musicale qui sera engagée à partir de 1981. La Galerie Sonore est imaginée par le critique musical et défenseur des musiques nouvelles Maurice Fleuret. Infatigable voyageur, il entame un collectage systématique d’instruments de musique depuis son premier périple sur le continent africain en 1957. En 1973, il décide de mettre à la disposition du public une importante collection d’instruments du monde sous la forme d’une exposition-animation à laquelle il donne le nom de Galerie Sonore. Maurice Fleuret est alors en pleine polémique avec Marcel Landowski à propos de son action au profit de l’enseignement musical en France. Le critique musical du Nouvel Observateur regrette l’absence d’engagement au sujet des pratiques amateurs et de l’art contemporain. La création de la Galerie Sonore est l’une de ses actions expérimentales en faveur des nouvelles approches de la
pratique instrumentale. Le projet se met en place en étroite collaboration avec les Jeunesses Musicales de France. Michel Guy, directeur du Festival d’Automne, accueille cet événement inédit qui se déroule pour la première fois au musée d’Art Moderne de Paris, de novembre 1973 à mars 1974. L’engouement est tel que la Galerie Sonore est prolongée de plusieurs mois et devient itinérante encadrée par les JMF. » (Cédric Thénard, Le Festival Angers, musiques du XXe siècle, 2015). Le Fleuret débatteur, le critique, le directeur, ne se différencie sans doute pas du Fleuret voyageur et collectionneur, amoureux des musiques et amoureux des instruments, de l’harmonium de Rossini, du gamelan et, plus rare ici, du mvet. Il laisse un double legs qu’il conviendra d’examiner : une collection destinée à être jouée, battue, pincée, frappée, insufflée, partagée : la Galerie sonore ; une collection étiquetée, préservée, destinée à être exposée : la collection d’instruments (Bibliothèque Musicale Gustav Mahler, Festival et Ville de Lille). On y verra un double du patrimoine immatériel et matériel : les idées et institutions qu’il a rêvées, créées, et la
bibliothèque Gustav Mahler qu’il a constituée avec Henri-Louis de la Grange, et désormais prise en charge par la fondation Royaumont. Partant résolument d’études de cas, de témoignages, les études retenues ne manqueront pas la montée en généralité et les références aux travaux des historiographes (Marie-Claire Mussat, Anne Veitl et Noémi Duchemin, Marianne Lyon), des penseurs de la relation, de l’objet et de l’échange (Édouard Glissant, Michel Serres et Arjun Appadurai), des historiens de la culture (Pascal Ory), des anthropologues du contemporain (Marc Abélès et Marc Auger) et des ethnologues soucieux des enjeux du matériel et de l’immatériel, du spirituel et du jeu (Lalitavistara). Le souci de l’absolue modernité que Fleuret défendait avec brio ne saurait évacuer l’inscription dans la longue durée (Florence Gétreau). Depuis plus de quarante ans, l’influence des initiatives mises en œuvre par Maurice Fleuret a été très importante dans notre pays et ces journées d’études nous donnent l’occasion d’interroger les diverses formes qu’elles ont pu prendre, notamment sur le plan des relations entre des patrimoines musicaux et sur la construction de nouvelles formes de pratiques culturelles.
Au cours de ces journées d’études, on interrogera le devenir et la valeur des collections de ces instruments de musique qualifiés dans le cas de la collection Fleuret d’instruments voyageurs et qui
renvoient de fait aux questions liées à l’altérité. Qu’est-ce qui donne une valeur à ces objets voyageurs? Elle tient sans doute d’abord à leur parcours et leur histoire propre, constituée par la réalité sociale qu'ils ont traversée. À qui ont-ils appartenu ? quelle est leur place dans leur culture d’appartenance initiale ? comment se sont-ils diffusés, comment ont-ils fait l’objet d’une réappropriation ailleurs ? Qu’est-ce qui en fait des objets que l’on intègre dans les collections d’un musée et comment leur
donne-t-on une valeur financière ? Il semble d’ailleurs que cette valeur financière comme objet de collection soit inversement proportionnelle à leur valeur d’usage : moins on a le droit de les jouer, plus ils valent cher. Comment expliquer ce phénomène ?
On discutera aussi des buts et résultats de l’enseignement d’instruments n’appartenant pas historiquement aux orchestres « classiques » européens : comment articuler la pratique des
instruments et l'expérience de l'altérité par l'ethnomusicologie (Ted Solís) ? Enseigner par ou pour la pratique? Les pratiques traditionnelles ne se passent-elles pas d'enseignement ? Comment enseigner les musiques dites du monde hors de leur contexte initial ? Comment les pédagogues envisagent-ils les pratiques instrumentales avec ces instruments voyageurs pour contribuer à l’éducation musicale et à la formation du citoyen auprès de publics divers dans les sociétés complexes d'aujourd'hui ? Les pratiques pédagogiques ou muséographiques qui se développent aujourd’hui dans les sociétés européennes ont-elles des équivalentes dans d’autres sociétés ?
Les propositions intégrant des moyens sortant de la communication écrite lue seront privilégiées, qu’elles s'appuient sur des moyens audiovisuels multimédia ou la visualisation d’arborescences ou de cartes mentales. Leur présentation publique sera limitée à 20 min mais un prolongement en archives vivantes consultables à distance sera apprécié.

Conférenciers invités
Bernard Lortat-Jacob (CNRS Nanterre Musée de l’Homme)
Estelle Amy de la Bretèque (CNRS)
Gérard Pilet (Galerie sonore)

Pour proposer une communication: Envoyer à l’adresse [email protected] pour le 18 juillet au plus t**d en un seul document PDF les éléments suivants:
- nom, prénom
- rattachement institutionnel, fonction (pour les étudiants, préciser le niveau d’étude)
- un résumé d’environ 300 mots en français
- une biographie de quelques lignes
Les participants retenus seront informés à la mi-juillet. Les communications seront d’une durée de 20 minutes. La langue officielle du colloque est le français.

Comité scientifique:
Alain Surrans, directeur d’Angers Nantes Opéra, ancien conseiller à la direction de la musique du ministère de la culture
Alice Mazen, ATER, Sorbonne Université — IReMus (Sfe)
Anne-Zoé Rillon-Marne, maîtresse de conférences, UCO
Denis Huneau, maître de conférences, UCO
François Picard, professeur, Sorbonne Université — IReMus (Sfe)
Gilles Delebarre, Philharmonie de Paris, ancien directeur de la Galerie sonore
Julio D'Santiago, ADEM, Genève
Lucille Lisack, membre associée, Centre Georg Simmel, EHESS (Sfe)
Marlène Belly, maîtresse de conférences, Université de Poitiers (Sfe)
Nicolas Dufetel, mairie d’Angers, chercheur CNRS, IReMus, Fondation Henri-Louis de la Grange - Maurice Fleuret

Bibliographie
Abélès, Marc, « Pour une anthropologie des institutions », L’Homme, vol. 35, 1995, p. 65-85.
Appadurai, Arjun, Modernity at Large. Cultural Dimensions of Globalization, University of Minnesota Press, 1996.
Auger, Marc, Pour une anthropologie des mondes contemporains, Paris, Flammarion, 1994.
Bibliothèque Musicale Gustav Mahler Paris, Festival de Lille, Ville de Lille, La collection d’un voyageur. Les instruments de musique de Maurice Fleuret, cat. exp., Lille, Musée de l’Hospice Comtesse, 16 novembre au 31 décembre 1990.
Colloque international, « Roger Tessier, de l’Itinéraire au Festival Angers, Musiques du XXème siècle : un parcours de créations », 18-20 novembre 2014, Université catholique de l’ouest, Angers.
Gétreau, Florence, “Collecting Musical Instruments in France (1795-1995). From National Heritage to Cultural Policy,”
Private Passion – Public Challenge “Musikinstrumente sammeln in Geschichte und Gegenwart„
Germanisches Nationalmuseum, Nürnberg - DFG, May 2017, p. 88-101. halshs-01910472
Glissant, Édouard, Poétique de la Relation - Poétique III, Paris, Gallimard,1990.
Lalitavistara (Traité développé sur le jeu, le plaisant), trad. chinoise Dharmarakṣa dit Zhu Fahu 竺法護, Puyao jing
普曜經, 308, version gravée sur pierre, Borobudur, Java, entre 780 et 850, version française traduite de la
version tibétaine par Philippe Édouard Foucaux, Le Lalitavistara, Paris, Annales du Musée Guimet, 1884.
Lyon, Marianne, « Création et diffusion : les festivals de musique contemporaine », 30 ans de musique contemporaine
- Réalité de l'utopie, http://www.cdmc.asso.fr/.../creation-et-diffusion-les...
contemporaine-par-marianne-lyon, 2007.
Mussat, Marie-Claire, « Les festivals de musique contemporaine en France depuis 1960 », dans J. Sagnes (dir.), Les festivals de musique en France : actes du colloque tenu au Musée du Biterrois, le 4 octobre 1997, Béziers,
Presses Universitaires de Perpignan, 1998, p. 135-143.
Serres, Michel, « Le Grand Fétiche ou les métamorphoses du religieux », Pantopie ou le monde de Michel Serres. De Hermès à Petite Poucette, Entretiens avec Martin Legros et Sven Ortoli, ch. 8, Paris, Le Pommier, 2016
Solís, Ted, dir., Performing Ethnomusicology, Teaching and Representation in World Music Ensembles, Berkeley —
Los Angeles — London, University of California Press, 2004.
Thénard Cédric, Contribution à une histoire de la modernité musicale. Le Festival Angers, musiques du XXe siècle
(1983-1990), mémoire de master en Histoire des sociétés occidentales contemporaines sous la direction de
Pascal Ory, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, 2015.
Veitl, Anne et Duchemin, Noémi, Maurice Fleuret : une politique démocratique de la musique, Paris, Comité d’histoire
du ministère de la culture, 2000.

Mise en ligne d’un site patrimonial: https://didomena.ehess.fr/collections/2z10wq61n?locale=fr"Les Réveillées: Ethnograp...
22/06/2021
Les Réveillées: ethnographies musicales des territoires français et francophones (1939-1984) // Didόmena

Mise en ligne d’un site patrimonial: https://didomena.ehess.fr/collections/2z10wq61n?locale=fr

"Les Réveillées: Ethnographies musicales des territoires français et francophones, 1939-1984", à découvrir dans l'entrepôt de données de l'EHESS, Didómena (voir une sélection de documents à la fin du message).

La matrice de ce projet, conçu en 2016, a été un séminaire sur les sources et l’histoire de l’ethnomusicologie de la France (2014-2016), dont Daniel Fabre avait bien voulu co-animer les premières séances, après nous avoir accueillis au LAHIC.

Le séminaire avait permis de circonscrire le rôle stratégique de Claudie Marcel-Dubois (1913-1989) et de Maguy Pichonnet-Andral (1922-2004), opérant simultanément au Centre d’ethnologie française, au Musée des arts et traditions populaires (dont elles administraient la phonothèque), et à l’École où elles ont été, à partir de 1961, les premières en France à délivrer une formation à la recherche ethnomusicologique.

Mais s’est surtout imposée la nécessité d’approfondir l’évaluation de leur apport comme enquêtrices et de comprendre le décalage entre une présence sur le terrain exceptionnelle par sa durée (45 ans), son intensité (pas loin de 100 missions), son souci d’exhaustivité et, en regard, une restitution bornée à une poignée de publications. Il est apparu que le meilleur moyen d’y parvenir était de rendre accessibles les matériaux d’enquête, en partenariat avec les institutions patrimoniales qui les conservent et qui en ont assuré la numérisation: le Mucem et les Archives nationales.

Au centre du projet, qui a par ailleurs bénéficié du soutien financier de PSL, il y a donc un corpus de près de 40.000 fichiers de documents sonores, graphiques, photographiques et textuels, inédits pour la plupart.

Rassembler, compléter, homogénéiser les métadonnées descriptives associées à ces sources hétérogènes, pour qu’elles puissent s’éclairer mutuellement, a constitué une entreprise de très longue haleine. A cet égard, l’aide que nous a prodiguée Florence Neveux, chargée de ressources documentaires au IIAC, a été particulièrement précieuse.

Aujourd’hui, et c’est l’essentiel, grâce à la persévérance et à la compétence de la DSI, mais aussi à la confiance qu’ils nous ont témoignée, et enfin avec l'aide de l'ethnopôle Cirdoc-Inoc et de Dastum, ces archives sont donc consultables dans Didómena où elles sont réparties entre 36 "collections" chacune correspond à une enquête de terrain sur les pratiques musicales, observées le plus souvent en milieu rural.

On peut y entendre par exemple les "vacarmes cérémoniels" de la période de Pâques ou des charivaris, les appels à la voix et les sonnailles pour le conditionnement sonore des animaux d'élevage, les musiques "civiques" des harmonies-fanfares de village, ou encore des reportages sur la fabrication artisanale d'instruments de musique, traditionnels ou insolites (hautbois d'écorce...).

On retrouvera dans quelques semaines toutes ces données sur le site propre, en construction, intitulé "Les Réveillées" où elles bénéficieront d’une éditorialisation beaucoup plus poussée, à la mesure de la richesse des données mais aussi de leur complexité, qui rend nécessaire cet accompagnement. Les enquêtes seront ainsi plus précisément contextualisées, par une approche alternant analyse et narration.

Le site proposera aussi un autre mode d’appropriation des matériaux d’enquête sous forme d’articles thématiques, pourvus d’illustrations sonores et visuelles, qui seront regroupés dans quatre "parcours:"
- Musiques des territoires,
- Instruments de musique populaires,
- Danses et pratiques festives,
- Pratiques vocales.

Didomena - Didómena, entrepôt de données de la recherche de l'École des hautes études en sciences sociales

22/06/2021
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Appel à communications pour les Journées d’études de la Société française d’ethnomusicologie (Sfe)
La collection d'un voyageur
Instruments muets et instruments sonores
Avec Maurice Fleuret, autour de la Galerie sonore
24 – 26 septembre 2021 à Angers
En partenariat avec: Ville d’Angers, UCO, Galerie sonore, Angers Nantes Opéra
Argument:
Avec Maurice Fleuret, du festival de Lille à la Galerie sonore, la collection d’un voyageur, les inventions d’un directeur de la musique et de la danse.
Autour de la Galerie sonore, les collections d’instruments de musique comme outils de la pratique musicale collective, et leur éventuel devenir patrimonial.
Critique musical, en particulier au Nouvel Observateur, directeur artistique des Semaines musicales internationales de Paris (Smip) de 1968 à 1973, puis du Festival de Lille en 1977, directeur de la musique et de la danse au ministère de la culture de 1981 à 1988, Maurice Fleuret est, aux dires de Jean-Michel Damian et des producteurs de France Musique réunis en assemblée générale en 1990, « avec Claude Samuel un des deux grands animateurs de la vie musicale que la France ait connue depuis 1945 ». L’Orchestre national de jazz, la Fête de la musique, les Centres de musiques traditionnelles en région, on ne compte plus les inventions, les créations de Maurice Fleuret et de son équipe, dont... celle de la Société française d’ethnomusicologie pour, dit la légende, permettre l’implantation d’un enseignement de l’ethnomusicologie à l’université de Paris X Nanterre.
« La création de la Galerie Sonore est sans aucun doute une application proche de la vision culturelle des socialistes et anticipe la politique musicale qui sera engagée à partir de 1981. La Galerie Sonore est imaginée par le critique musical et défenseur des musiques nouvelles Maurice Fleuret. Infatigable voyageur, il entame un collectage systématique d’instruments de musique depuis son premier périple sur le continent africain en 1957. En 1973, il décide de mettre à la disposition du public une importante collection d’instruments du monde sous la forme d’une exposition-animation à laquelle il donne le nom de Galerie Sonore. Maurice Fleuret est alors en pleine polémique avec Marcel Landowski à propos de son action au profit de l’enseignement musical en France. Le critique musical du Nouvel Observateur regrette l’absence d’engagement au sujet des pratiques amateurs et de l’art contemporain. La création de la Galerie Sonore est l’une de ses actions expérimentales en faveur des nouvelles approches de la
pratique instrumentale. Le projet se met en place en étroite collaboration avec les Jeunesses Musicales de France. Michel Guy, directeur du Festival d’Automne, accueille cet événement inédit qui se déroule pour la première fois au musée d’Art Moderne de Paris, de novembre 1973 à mars 1974. L’engouement est tel que la Galerie Sonore est prolongée de plusieurs mois et devient itinérante encadrée par les JMF. » (Cédric Thénard, Le Festival Angers, musiques du XXe siècle, 2015). Le Fleuret débatteur, le critique, le directeur, ne se différencie sans doute pas du Fleuret voyageur et collectionneur, amoureux des musiques et amoureux des instruments, de l’harmonium de Rossini, du gamelan et, plus rare ici, du mvet. Il laisse un double legs qu’il conviendra d’examiner : une collection destinée à être jouée, battue, pincée, frappée, insufflée, partagée : la Galerie sonore ; une collection étiquetée, préservée, destinée à être exposée : la collection d’instruments (Bibliothèque Musicale Gustav Mahler, Festival et Ville de Lille). On y verra un double du patrimoine immatériel et matériel : les idées et institutions qu’il a rêvées, créées, et la
bibliothèque Gustav Mahler qu’il a constituée avec Henri-Louis de la Grange, et désormais prise en charge par la fondation Royaumont. Partant résolument d’études de cas, de témoignages, les études retenues ne manqueront pas la montée en généralité et les références aux travaux des historiographes (Marie-Claire Mussat, Anne Veitl et Noémi Duchemin, Marianne Lyon), des penseurs de la relation, de l’objet et de l’échange (Édouard Glissant, Michel Serres et Arjun Appadurai), des historiens de la culture (Pascal Ory), des anthropologues du contemporain (Marc Abélès et Marc Auger) et des ethnologues soucieux des enjeux du matériel et de l’immatériel, du spirituel et du jeu (Lalitavistara). Le souci de l’absolue modernité que Fleuret défendait avec brio ne saurait évacuer l’inscription dans la longue durée (Florence Gétreau). Depuis plus de quarante ans, l’influence des initiatives mises en œuvre par Maurice Fleuret a été très importante dans notre pays et ces journées d’études nous donnent l’occasion d’interroger les diverses formes qu’elles ont pu prendre, notamment sur le plan des relations entre des patrimoines musicaux et sur la construction de nouvelles formes de pratiques culturelles.
Au cours de ces journées d’études, on interrogera le devenir et la valeur des collections de ces instruments de musique qualifiés dans le cas de la collection Fleuret d’instruments voyageurs et qui
renvoient de fait aux questions liées à l’altérité. Qu’est-ce qui donne une valeur à ces objets voyageurs? Elle tient sans doute d’abord à leur parcours et leur histoire propre, constituée par la réalité sociale qu'ils ont traversée. À qui ont-ils appartenu ? quelle est leur place dans leur culture d’appartenance initiale ? comment se sont-ils diffusés, comment ont-ils fait l’objet d’une réappropriation ailleurs ? Qu’est-ce qui en fait des objets que l’on intègre dans les collections d’un musée et comment leur
donne-t-on une valeur financière ? Il semble d’ailleurs que cette valeur financière comme objet de collection soit inversement proportionnelle à leur valeur d’usage : moins on a le droit de les jouer, plus ils valent cher. Comment expliquer ce phénomène ?
On discutera aussi des buts et résultats de l’enseignement d’instruments n’appartenant pas historiquement aux orchestres « classiques » européens : comment articuler la pratique des
instruments et l'expérience de l'altérité par l'ethnomusicologie (Ted Solís) ? Enseigner par ou pour la pratique? Les pratiques traditionnelles ne se passent-elles pas d'enseignement ? Comment enseigner les musiques dites du monde hors de leur contexte initial ? Comment les pédagogues envisagent-ils les pratiques instrumentales avec ces instruments voyageurs pour contribuer à l’éducation musicale et à la formation du citoyen auprès de publics divers dans les sociétés complexes d'aujourd'hui ? Les pratiques pédagogiques ou muséographiques qui se développent aujourd’hui dans les sociétés européennes ont-elles des équivalentes dans d’autres sociétés ?
Les propositions intégrant des moyens sortant de la communication écrite lue seront privilégiées, qu’elles s'appuient sur des moyens audiovisuels multimédia ou la visualisation d’arborescences ou de cartes mentales. Leur présentation publique sera limitée à 20 min mais un prolongement en archives vivantes consultables à distance sera apprécié.
Conférenciers invités
Bernard Lortat-Jacob (CNRS Nanterre Musée de l’Homme)
Estelle Amy de la Bretèque (CNRS)
Gérard Pilet (Galerie sonore)
Pour proposer une communication: Envoyer à l’adresse [email protected] pour le 1er juillet au plus t**d en un seul document PDF les éléments suivants:
- nom, prénom
- rattachement institutionnel, fonction (pour les étudiants, préciser le niveau d’étude)
- un résumé d’environ 300 mots en français
- une biographie de quelques lignes
Les participants retenus seront informés à la mi-juillet. Les communications seront d’une durée de 20 minutes. La langue officielle du colloque est le français.
Comité scientifique:
Alain Surrans, directeur d’Angers Nantes Opéra, ancien conseiller à la direction de la musique du ministère de la culture
Alice Mazen, ATER, Sorbonne Université — IReMus (Sfe)
Anne-Zoé Rillon-Marne, maîtresse de conférences, UCO
Denis Huneau, maître de conférences, UCO
François Picard, professeur, Sorbonne Université — IReMus (Sfe)
Gilles Delebarre, Philharmonie de Paris, ancien directeur de la Galerie sonore
Julio D'Santiago, ADEM, Genève
Lucille Lisack, membre associée, Centre Georg Simmel, EHESS (Sfe)
Marlène Belly, maîtresse de conférences, Université de Poitiers (Sfe)
Nicolas Dufetel, mairie d’Angers, chercheur CNRS, IReMus, Fondation Henri-Louis de la Grange - Maurice Fleuret
Bibliographie
Abélès, Marc, « Pour une anthropologie des institutions », L’Homme, vol. 35, 1995, p. 65-85.
Appadurai, Arjun, Modernity at Large. Cultural Dimensions of Globalization, University of Minnesota Press, 1996.
Auger, Marc, Pour une anthropologie des mondes contemporains, Paris, Flammarion, 1994.
Bibliothèque Musicale Gustav Mahler Paris, Festival de Lille, Ville de Lille, La collection d’un voyageur. Les instruments de musique de Maurice Fleuret, cat. exp., Lille, Musée de l’Hospice Comtesse, 16 novembre au 31 décembre 1990.
Colloque international, « Roger Tessier, de l’Itinéraire au Festival Angers, Musiques du XXème siècle : un parcours de créations », 18-20 novembre 2014, Université catholique de l’ouest, Angers.
Gétreau, Florence, “Collecting Musical Instruments in France (1795-1995). From National Heritage to Cultural Policy,”
Private Passion – Public Challenge “Musikinstrumente sammeln in Geschichte und Gegenwart„
Germanisches Nationalmuseum, Nürnberg - DFG, May 2017, p. 88-101. halshs-01910472
Glissant, Édouard, Poétique de la Relation - Poétique III, Paris, Gallimard,1990.
Lalitavistara (Traité développé sur le jeu, le plaisant), trad. chinoise Dharmarakṣa dit Zhu Fahu 竺法護, Puyao jing
普曜經, 308, version gravée sur pierre, Borobudur, Java, entre 780 et 850, version française traduite de la
version tibétaine par Philippe Édouard Foucaux, Le Lalitavistara, Paris, Annales du Musée Guimet, 1884.
Lyon, Marianne, « Création et diffusion : les festivals de musique contemporaine », 30 ans de musique contemporaine
- Réalité de l'utopie, http://www.cdmc.asso.fr/.../creation-et-diffusion-les...
contemporaine-par-marianne-lyon, 2007.
Mussat, Marie-Claire, « Les festivals de musique contemporaine en France depuis 1960 », dans J. Sagnes (dir.), Les festivals de musique en France : actes du colloque tenu au Musée du Biterrois, le 4 octobre 1997, Béziers,
Presses Universitaires de Perpignan, 1998, p. 135-143.
Serres, Michel, « Le Grand Fétiche ou les métamorphoses du religieux », Pantopie ou le monde de Michel Serres. De Hermès à Petite Poucette, Entretiens avec Martin Legros et Sven Ortoli, ch. 8, Paris, Le Pommier, 2016
Solís, Ted, dir., Performing Ethnomusicology, Teaching and Representation in World Music Ensembles, Berkeley —
Los Angeles — London, University of California Press, 2004.
Thénard Cédric, Contribution à une histoire de la modernité musicale. Le Festival Angers, musiques du XXe siècle
(1983-1990), mémoire de master en Histoire des sociétés occidentales contemporaines sous la direction de
Pascal Ory, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, 2015.
Veitl, Anne et Duchemin, Noémi, Maurice Fleuret : une politique démocratique de la musique, Paris, Comité d’histoire
du ministère de la culture, 2000.

Adresse

Musée Du Quai Branly 222 Rue De L'Université
Paris
75343

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