Karmapa Paris

Karmapa Paris L'association Karmapa-Paris a été fondée pour organiser des conférences et des enseignements donnés par Sa Sainteté Karmapa à Paris. L'association est de

04/11/2021

We would like to wish all our Indian friends a very happy and safe Diwali! May the Festival of Lights bring you and your family peace and happiness.

Photo © Olivier Adam, 2018.

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31/10/2021

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Calendrier mis à jour
06/09/2021

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06/09/2021

Updated schedule.

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24/08/2021

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22/08/2021

ANNONCE

Calendrier d'enseignement en ligne du Kamapa.

Sujet : « Conférence d'été sur le dharma de Mar Ngok 2021 - L'origine des mantras »

Heure : 15h-17h30 (heure de Paris) du 23 août 2021 au 5 septembre 2021

Jour de repos
- Mercredi : 25 août 2021
- Dimanche : 29 août 2021
- Mercredi : 1er septembre 2021

Lien en ligne facebook en langues : https://www.facebook.com/karmapa
Lien en ligne YouTube en langues : https://youtube.com/c/Karmapa17
Web : https://kagyuoffice.org/

https://www.facebook.com/events/886679295253852/

#themarngosummerteaching2021

16/08/2021
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26/07/2021

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Message du Gyalwang Karmapa pour son 36e anniversaireJ’aimerais présenter à vous tous mes salutations et mes Tashi Delek...
22/07/2021

Message du Gyalwang Karmapa pour son 36e anniversaire
J’aimerais présenter à vous tous mes salutations et mes Tashi Delek.
Aujourd’hui, 26 juin, est le jour où l’on célèbre généralement mon anniversaire. La date réelle de mon anniversaire est le 1er jour du 5e mois tibétain, mais mon anniversaire est célébré à plusieurs dates différentes. La date que mes parents considèrent comme celle de ma naissance est calculée selon le calendrier tibétain, ce qui donne dans le calendrier occidental le 19 juin 1985. Traditionnellement au Tibet, on n’avait pas coutume de fêter les anniversaires, aussi quand j’habitais encore dans ma terre natale, nous ne célébrions pas mon anniversaire. Ce n’est qu’après mon arrivée au monastère de Tsourpou que mon anniversaire a été célébré pour la première fois. Et cette célébration a eu lieu le 26 juin, qui est ensuite devenu la date où l’on célèbre mon anniversaire.
Voici comment je l’envisage : personnellement, je vois mon anniversaire comme un jour de gratitude. Car c’est la date où je suis arrivé dans ce monde. Non seulement je suis né, mais j’ai aussi reçu un excellent corps humain qui me permet de pratiquer le dharma. Ce corps, je le dois à la bonté de mes parents bien-aimés, aussi je suis reconnaissant de la bonté de mes parents.
Puis, plus t**d, j’ai franchi la porte du dharma véritable et c’est grâce à la bonté de mes grands amis spirituels que j’ai un peu appris ce qu’il convient de faire et de ne pas faire. Je suis donc conscient qu’il est important d’être reconnaissant et de me souvenir de la bonté que mes amis spirituels me témoignent en ce jour.
De même, si j’ai quelque aptitude à œuvrer au nom du bouddhisme et des êtres et si j’ai développé le souhait de le faire, je le dois à la bonté de mes amis et collaborateurs ainsi qu’à la bonté de tous les êtres avec lesquels je suis connecté. Ainsi, je reconnais aussi que ce jour est le moment d’avoir de la gratitude pour tous mes amis et tous les êtres.
Cette année, celle de mes 36 ans, est pour moi une année d’obstacles. Les monastères de moines et de nonnes en Inde, au Népal et au Bhoutan avaient prévu de grandes cérémonies, mais à cause de l’épidémie du coronavirus, ils n’ont eu d’autre choix que de les reporter. Puisque c’est mon année d’obstacles, les monastères et les personnes privées dans mon pays natal du Tibet, mais aussi en Inde, au Népal et au Bhoutan et partout dans le monde accomplissent, individuellement et collectivement, de grandes cérémonies et rituels qui me sont spécifiquement dédiés. En bref, je ressens toutes ces intentions pures et tout l’amour que vous me portez, même si je n’en vois pas les expressions physiques ou verbales. J’en perçois toute la grandeur et la profondeur dans le cœur de mon cœur. Je voudrais donc profiter de cette occasion pour vous dire à tous merci.

Cependant, l’épidémie de coronavirus n’est pas encore terminée, que ce soit au niveau international ou en Inde et au Népal, et il est donc très important que vous preniez soin de votre santé. En particulier, les moines et les nonnes ne doivent pas baisser la garde pour ce qui est de la prévention, et si vous avez des symptômes de la Covid, ne soyez pas gênés ou réticents mais informez-en les responsables de votre monastère. En faisant de la sorte, le premier bienfait sera que vous pourrez recevoir un traitement rapide, et le deuxième sera qu’il y aura moins de risque d’infecter quelqu’un d’autre.
Cette maladie est hautement infectieuse mais on dit qu’en général elle n’est pas mortelle. Donc, si vous attrapez la Covid, il est inutile de trop vous inquiéter. Mais ne sous-estimez pas cette maladie, ne l’ignorez pas non plus ; il est probablement bénéfique de se nourrir plus sainement, de prendre des médicaments tibétains traditionnels, etc. Pour les détails, je pense que le mieux est de suivre les conseils des professionnels de santé et de vos responsables locaux de santé publique.
Pour dire quelques mots de ma situation personnelle, il est difficile de décrire ce que je ressens quand je jette un coup d’oeil sur les 36 dernières années. Quand je regarde la durée de vie des Karmapas précédents, en moyenne ils n’ont pas beaucoup vécu au-delà de 50 ans. Bien que leurs vies n’aient pas été longues, les bienfaits qu’ils ont apporté aux enseignements et aux êtres sont si immenses qu’il est difficile d’en parler. En comparaison, j’ai l’impression d’avoir gaspillé inutilement et en vain l’essentiel des dernières 36 années de ma propre vie.
J’ai passé les sept premières années de ma vie dans ma terre natale où j’ai mené une existence modeste de nomade avec mes parents, mes frères et sœurs et les gens de la région. De nos jours, il est difficile de trouver un environnement similaire à celui que j’avais à l’époque. Les gens qui vivent en ville de nos jours ne peuvent même pas imaginer ce qu’était la vie en ce temps-là, et encore moins en faire l’expérience. Mais ce fut pour moi, et de loin, la période la plus heureuse et la plus libre de ma vie. La principale raison en est que j’étais avec mes parents et j’avais le sentiment de vivre sous la protection de leur amour.
J’ai encore du mal à expliquer ce qu’a été ma vie depuis que j’ai sept ans. Tout d’un coup, on m’a dit que j’étais la réincarnation du Gyalwang Karmapa et on m’a placé sur un trône. A l’époque je ne savais vraiment pas ce que signifiait être le Karmapa. Mais on m’a dit que j’étais le Karmapa, alors j’ai commencé à vivre et recevoir une éducation comme si j’étais le Karmapa.
A partir de ce moment-là, il y a eu d’immenses changements dans ma vie, le plus grand étant que mes sentiments et mes opinions personnelles ne comptaient plus ; le plus important était les idées que les autres se faisaient sur comment je devrais être. Il m’arrivait parfois d’avoir l’impression d’être un acteur, comme si je jouais le rôle que d’autres pensaient que je devais jouer ou voulaient que je joue. C’est comme cela que

je le ressentais. Ceci pour dire que je suis un être humain et j’ai naturellement des sentiments de bonheur et de tristesse. Mais j’avais l’impression que je devais cacher mes propres sentiments ou qu’il n’y avait personne à qui en parler. La chose principale est que je devais vivre comme un personnage important, de la manière escomptée par les autres. Je ne suis peut-être pas le seul à avoir éprouvé ceci ; je pense que beaucoup d’autres tulkous tibétains ont probablement ressenti la même chose.
En tout cas, ce n’est qu’après avoir grandi et fait quelques études que j’ai peu à peu commencé à avoir une certaine compréhension de ce qu’est le Karmapa et de l’activité accomplie par les précédents Karmapas. Ce n’est qu’alors que ma propre responsabilité est graduellement devenue claire. Auparavant, je pensais que je devais faire semblant, mais cela a changé. J’ai commencé à penser que je devais être le serviteur de l’activité des Gyalwang Karmapas. À partir de là, je n’ai plus eu à m’inquiéter de savoir si j’étais le Karmapa, et je n’ai plus ressenti d’orgueil à être le Karmapa ou de malaise à avoir l’impression de faire semblant.
Maintenant, je pense que le Gyalwang Karmapa est présent au-dessus de ma tête, comme une coiffe. Je pense que si je porte le titre de Karmapa, c’est grâce à la compassion et aux bénédictions des Karmapas précédents, en particulier de Rangjoung Rigpé Dorjé, de Sa Sainteté le Dalaï-Lama et de nombreux grands êtres. Ou bien, ils ont vu que ce serait une situation qui me permettrait d’apporter quelque bienfait aux êtres et au bouddhisme, et alors ils m’ont reconnu et donné le titre. J’ai maintenu cette confiance tout au long de ma vie jusqu’à maintenant. Par exemple, quand les gens font des offrandes, des louanges ou qu’ils montrent leur foi en moi, je pense qu’ils s’adressent au Karmapa qui se trouve au-dessus de ma tête. Je n’ai probablement jamais eu la pensée que ces gens me font des offrandes, des louanges ou qu’ils ont foi en moi. De plus, comme d’autres gens, j’ai aussi une véritable foi en le Gyalwang Karmapa. Je médite qu’il est au-dessus de ma tête, qu’il n’est jamais séparé de moi, je le prie autant que je peux et je lui offre également ma foi et ma dévotion. Je fais ceci autant que je le peux. C’est ma propre façon de pratiquer le gourou yoga.
Mais comme vous le savez tous, il n’est pas facile ni confortable d’être au service de l’activité du Gyalwang Karmapa. Si vous n’avez pas accumulé assez de mérite ou si vous n’avez pas la plus haute intelligence, la situation est telle qu’il est impossible de le faire véritablement.
Je n’ai jamais vraiment vécu comme une personne ordinaire et il me manque l’expérience qu’a une personne ordinaire. En outre, depuis qu’on m’a donné le titre de Karmapa jusqu’à maintenant, je n’ai plus beaucoup de contrôle sur mes allées et venues et ce que je fais. Il est même difficile de sentir que j’ai des amis. La raison en est que vous ne pouvez devenir ami qu’avec quelqu’un dont le caractère, la façon de faire les choses et l’expérience sont plus ou moins semblables aux vôtres. Ma vie est trop différente de celle des autres, et j’ai été trop limité dans mes déplacements et mes actes. Aussi, il m’a été difficile de trouver des amis dont je me sente proche.

De plus, de nombreuses situations de ma vie sont liées à des problèmes et conflits politiques et sociaux. Et j’ai naturellement fini par tomber dans une situation difficile. Je n’ai aucun contrôle et je n’ai rien pu faire. Mais j’essaie toujours de mobiliser l’énergie de mon corps et de mon esprit et de faire tout mon possible. Cependant, alors même que j’essaie, j’ai parfois le sentiment que les difficultés et les problèmes dépassent largement mes capacités, en taille et en nombre.
Dans de tels moments, autre que m’encourager moi-même, je trouve qu’il y a peu de gens avec qui je peux partager mes sentiments, ou qui peuvent me prodiguer des encouragements. Mais je pense toujours qu’il ne serait pas juste de donner les difficultés que je rencontre à quelqu’un d’autre ; je dois supporter mes propres difficultés moi-même et c’est quelque chose que je me remémore souvent.
Aussi, habituellement, quand je rencontre un problème ou que je me sens triste, je n’en parle pas et je n’essaie pas de l’expliquer. D’abord, ma situation est différente de celle que vivent les gens ordinaires, et cette différence est si grande qu’il est difficile aux autres de comprendre. C’est une raison. La deuxième raison est que quand je parle aux autres des situations qui me rendent heureux ou enthousiaste, ils sont heureux et je le suis aussi, et c’est le bon côté. Au contraire, si je parle aux autres de mes soucis et de ce qui se passe mal, alors ils s’inquiètent et je me sens mal à l’aise, ce qui est inutile.
En bref, quelles que soient les difficultés ou la solitude que j’éprouve dans la vie, la plupart du temps je pense à ce qui me rend heureux et joyeux. Il y a eu des situations difficiles où j’ai été inquiet et où j’ai rencontré des problèmes pendant un certain temps, mais je ne les ai pas gardés à l’esprit longtemps.
Par exemple, pendant les Kagyu Meunlams, j’ai pu passer quelques mois à travailler avec des moines de différents monastères et des gens de diverses nationalités. C’est une période très intense où il m’arrive même d’oublier de manger, mais je me sens vraiment heureux. C’est parce que j’ai l’impression de faire quelque chose d’utile. Quand j’étais en Inde, les périodes les plus agréables étaient quand je faisais quelque chose et que je travaillais avec de nombreux amis du dharma. C’est ce que je trouve le plus plaisant. C’est donc grâce à votre aide et à votre soutien que je peux me sentir heureux et comblé ; c’est pourquoi j’aimerais vous dire merci, et ce ne sont pas seulement des mots mais je le pense du fond du cœur.
Voilà donc quelques unes de mes expériences passées.
Aujourd’hui, c’est mon anniversaire, et je n’ai rien d’autre à vous dire que merci ; je n’ai pas envisagé de vous dire « Merci de faire ceci » ou « Ne faites pas cela ». J’aimerais cependant profiter de cette occasion pour vous faire part de certaines choses auxquelles je pense et de quelques projets pour l’avenir.

En général, on pense qu’on est tibétain, bouddhiste tibétain ou Kagyu, mais nous faisons tous les mêmes expériences de la joie et de la souffrance ; nos vies sont étroitement liées. Ceci est important. En particulier, en raison des grands progrès de la technologie, peu importe la distance qui sépare les gens, ils peuvent être en contact instantanément. Peu importe où un événement se déroule dans le monde, qu’il soit grand ou petit, on en est informé rapidement et c’est encore une nouvelle fraîche. Aussi, nous avons tous l’impression que le monde devient peu à peu de plus en plus petit.
De même, de nombreux pays s’ouvrent vers l’international et il y a plus de connexions entre des gens de différentes nationalités. C’est ainsi que les choses sont. Dans un tel environnement, que l’on soit tibétain, bouddhiste tibétain ou kagyupa, notre façon de voir et de penser doit prendre une ampleur beaucoup plus vaste et profonde qu’auparavant. C’est un point important.
La raison en est que la plupart des gens ont des contacts internationaux, ils deviennent des citoyens du monde. Si, quand nous sommes entre nous, nous ne voyons rien d’autre que notre propre ladrang, notre propre monastère ou notre propre lignée, je considère que cette façon de penser tient du féodalisme. Au contraire, à l’instant où nous disons « bouddhisme tibétain » ou « Kagyu », nous devrions naturellement nous souvenir des points communs ou de la totalité des enseignements. Si les enseignements dans leur ensemble s’épanouissent, se développent et gagnent l’excellence, les individus qui suivent le bouddhisme, les ladrangs et les monastères vont aussi prospérer et s’épanouir. Je considère qu’il est extrêmement important d’avoir une telle compréhension et intention.
Si au contraire, nous n’adoptons pas une perspective large et un mode de pensée vaste, quand quelques uns de nos monastères et ladrangs prospèrent, nous serons dans l’erreur. Et quand les choses vont bien pour eux et qu’ils sont prospères, nous serons étonnés. Si nous n’avons aucune idée de ce qui se passe dans le monde, c’est comme si le soleil brillait sur le monde mais que nous restions dans notre chambre avec les volets fermés. Autrefois, nous les Tibétains, nous étions retranchés dans une partie reculée du monde et nous y restions, dans l’ignorance. Nous savons tous ce qui a fini par arriver.
Donc, nous tous - à l’échelle plus large du monde entier ou à l’échelle plus petite de tous Tibétains, de toutes nos lignées, de nous tous Kagyu - nous existons dans une relation où ce que nous faisons affecte les autres. Nous dépendons les uns des autres ; nous nous appuyons les uns sur les autres. Si, au lieu de nous diviser en factions, nous rassemblons toutes nos forces, je suis fermement convaincu que nous pourrons contribuer au bonheur les uns des autres et surmonter les difficultés.
Ces dernières années, j’ai eu, à quelques reprises, l’occasion d’essayer d’aider à l’amélioration des relations entre les lignées Kagyu, et en particulier d’apporter la réconciliation au sein de la lignée Kamtsang. Selon moi, c’est essentiellement parce

que tout le monde a adopté une vue large que nous avons accompli de grands progrès. Mais les résultats n’ont pas encore satisfait tous mes espoirs. Aussi je souhaite poursuivre mes tentatives sans relâche, et j’espère que mes amis et compagnons du dharma m’apporteront leur aide et leur soutien.
L’harmonie est extrêmement importante. En particulier, l’harmonie dans la sangha est le fondement pour le développement des enseignements. Si nous voulons vraiment que les enseignements prospèrent, il me semble que c’est impossible si nous nourrissons de l’attachement, de la haine et de la jalousie les uns pour les autres. Le plus important est que, peu importe la lignée du dharma à laquelle nous appartenons, nous devons d’abord savoir qui nous sommes et quelles sont nos origines. Pour savoir ce que nous devons faire, il nous faut comprendre quelles sont l’histoire, les instructions essentielles, les pratiques des rituels, etc. de notre lignée, et il nous faut les étudier. Une fois que nous les avons étudiées, je crois qu’il est très important que nous nous efforcions de soutenir la lignée, et de la rendre ferme et stable. En faisant de la sorte, c’est avec confiance que nous serons un disciple et un étudiant de la lignée et nous pourrons nous rendre compte que nous n’avons pas perdu notre base.
De même, bien connaître l’histoire, les instructions essentielles et les pratiques rituelles de notre lignée nous permettra de faire ressortir les qualités spéciales de notre lignée et de les mettre en valeur pour les autres. Si nous ne nous soucions pas de notre propre lignée du dharma, il sera difficile de trouver quelqu’un d’autre pour en prendre soin et apprécier son importance.
Il est extrêmement important d’être non-sectaire. L’impartialité signifie que nous devrions voir le bouddhisme de façon vaste sans créer de factions ; c’est une philosophie de la manière de penser. Cela ne signifie pas que l’on doit dire
« J’appartiens à la tradition non-sectaire » et puis créer une lignée séparée. Si nous le faisions, il serait difficile de dire qu’elle est non-sectaire.
Peu importe que l’on appartienne à la lignée Sakya, Guéloug, Kagyu ou Nyingma ; cela ne signifie absolument pas que l’on a le droit d’être sectaire. Peu importe notre lignée, quand nous entrons dans le dharma pour la première fois, nous établissons une connexion avec un lama particulier et une lignée. Cette connexion est le fondement, notre base d’entrée dans les enseignements. Il nous faut la chérir. A partir de ce fondement, de cette base, nous devrions aussi suivre autant de lignées différentes et de lamas que nous pouvons. S’il nous manque le fondement ou la base et que nous nous essayons à tous les dharmas qui se présentent, nous n’avons pas de base stable dans le dharma et nous n’avons pas de lignée comme source. Je pense qu’il y a aussi le danger que nous n’ayons personne vers qui nous tourner et à qui nous vouer au moment de la mort.
Dans la tradition Kagyu, par exemple, les ancêtres Kagyu nous ont laissé un héritage extraordinaire : les explications des ta**ras de Marpa et Ngokpa, la force morale et les instructions essentielles de Milarépa, Dévoiler l’essence de Gampopa, Montrer les

trois kayas et le Souffle et l’esprit inséparables du Karmapa, le Chemin supérieur ultime de Lama Shang, le Chemin rapide du mélange et du transfert des Barom, le Mantra secret de Pakmodroupa, les Trente-neuf libérations des Takloung, le Point unique des trois vœux des Drikoung, la Saveur unique de l’interdépendance de Tsangpa Gyaré, la dévotion et le détachement de Lorépa et Gœtsangpa, etc. Chaque héritage est complet et a toutes les qualités, mais il y a de nombreuses différences, comme la façon de réciter les noms des gourous ou comment le gourou s’occupe de nous. Mais nous n’avons pas pris soin de nombre de ces instructions et elles se sont perdues. Aussi, prendre soin de notre héritage doit être notre principale responsabilité et c’est là que nous devons concentrer notre énergie.
En conséquence, j’ai le projet que, dans les années à venir, nos shédras Kamtsang étudieront les Trois vœux des Takloung, l’Intention unique des Drikoung, le Traité du mahamoudra des victorieux des Droukpa, etc. et en débattront, ceci en en étudiant un par an.
En outre, on a aussi évoqué le fait que j’écris un commentaire sur le Précieux ornement de la libération ; plus tôt dans l’année, j’ai aussi enseigné les Quatre dharmas de Gampopa. Pour ce faire, j’ai eu l’occasion de parcourir beaucoup de textes Kagyu. J’ai alors eu le sentiment que, si nous voulons saisir dans sa totalité toute la portée de la pensée de Marpa, de Milarépa, de Gampopa et des autres ancêtres Kagyu, il serait injuste de ne pas examiner les instructions essentielles, les commentaires, les questions-réponses écrits par les maîtres de toutes les lignées Kagyu, les quatre aînées et les huit cadettes. J’ai obtenu la conviction que les étudier et faire des recherches à un niveau approprié nous permettra de mettre en évidence et de comprendre clairement les caractéristiques particulières de la vue, la méditation et la conduite, ainsi que de la base, du chemin et du fruit de la lignée Kagyu. C’est pourquoi je considère qu’il est très important que nous - dans la tradition Kamtsang - nous étudions et enseignions les traits distinctifs et les traditions de commentaire des autres lignées Kagyu et que nous en discutions ; je fais des projets en ce sens.
On dit souvent qu’il y a deux traditions qui viennent du grand être, Marpa le traducteur, la lignée de la pratique et la lignée des explications. La lignée de la pratique a été transmise sans interruption depuis Milarépa et c’est ce qu’on appelle maintenant la lignée Dakpo Kagyu. Quant à la lignée des explications, elles sont plusieurs, transmises par Métœn, Tsurtœn et Ngokpa, mais à l’heure actuelle, la lignée des explications est en sérieux déclin, la situation est difficile. Parmi les lignées des explications, celles pour lesquelles il existe encore une transmission des initiations et des transmissions scripturaires sont connues sous le nom des « Sept mandalas de Ngok ».
Il y avait deux transmissions principales de la lignée des explications de Ngok Cheukou Dorjé, les traditions Ram et Ngok. Il est dit que Kunkhyèn Cheukou Euser a écrit un texte qui établit que les traditions Ram et Ngok ont toutes les deux le même objectif. De ces deux traditions, la tradition Ngok a été transmise par le fils de

Kunkhyèn Cheukou Dorjé, Dodé, et elle s’est divisée en deux transmissions, les transmissions Tsangtsa et Gyaltsa. La transmission Tsangtsa a été transmise à Treushing Rinpoché Jangchoup Palwa que, semble-t-il, le Seigneur Tsongkhapa tenait en haute estime et dont il disait fréquemment qu’il était un érudit et un éveillé de la tradition Ngok. A cette époque, les étudiants de Jangchoup Palwa comptaient parmi eux Jamyang Cheujé Tashi Paldèn, Takloung Ngawang Drakpa, Gœ Lotsawa Sheunnou Pal, Panchèn Jampa Lingpa et de nombreux autres étudiants éminents. Il enseigna le ta**ra de Hévajra à partir d’un manuscrit appelé le Dorjéma, et chaque fois qu’il l’enseignait, il faisait une marque. On dit qu’il a fait 182 marques.
À un certain moment, la lignée des explications de Vajra Catuhpitha s’est perdue, et le Seigneur Tsongkhapa dit à Jangchoup Palwa qu’il devait absolument la faire revivre. Jangchoup Palwa alla voir un vieux lama au monastère de Treushing qui s’appelait Loppeun Tsulgœn et reçut de lui la transmission du ta**ra de Vajra Catuhpitha. Par la suite, il enseigna Vajra Catuhpitha de nombreuses fois.
Trimkhang Lotsawa Seunam Gyatso reçut les initiations des Sept mandalas de Ngok et écrivit les textes complets d’une nouvelle sadhana et du rituel du mandala pour les Sept mandalas. Plus t**d, il donna les initiations des Sept mandalas de Ngok au 4e Shamar Chènnga Cheudrak, et à cette occasion il y eut de nombreux signes miraculeux comme des arcs-en-ciel qui se formaient sur les bords du mandala. Panchèn Seunam Drakpa écrivit dans son histoire de la lignée Kadampa que l’activité la plus importante de Trimkhang Lotsawa fut de diffuser la tradition des mandalas de Ngok.
Le mahasattva Lodreu Gyaltsèn de Déma Tang se rendit aussi à Shung et reçut de Jangchoup Palwa de nombreux enseignements du dharma de Ngok. Selon son histoire de libération, il prit Dhumangari comme son protecteur du dharma. Également, quand Druk Gyalwang Cheujé se rendit à Shung et rencontra Jangchoup Palwa, Jangchoup Palwa lui dit : « Je t’ai attendu jusqu’à maintenant. Je peux maintenant rendre le dharma à son propriétaire. » Il lui donna alors toutes les initiations et les instructions essentielles des mandalas de Ngok, y compris les enseignements mineurs, lui confiant ainsi les enseignements.
De même, les deux maîtres bien-connus des Shènnga Kagyu, Pakpa Lha et Shiwa Lha, se rendirent à Machèn au Tsari, où ils reçurent les Sept mandalas de Ngok de Cheujé Tsangchènpa ainsi que les enseignements annexes. Les biographies de nombre de maîtres tibétains décrivent comment ils ont reçu les enseignements et les initiations des Sept mandalas de Ngok. La biographie du 5e Dalaï-Lama de Gœnpo Seunam Chokdèn raconte qu’il a reçu les Sept mandalas de Ngok de Ngokteun Jamyang Euser.
Plus t**d, quand le 1er Jamgœn Kongtrul compila les Sept mandalas de Ngok, il consulta de vieux manuscrits y compris ceux de Trimkhang Lotsawa, Shamar Chènnga Cheudrak, Jétsun Taranatha et Karma Chakmé. La plupart de ces textes existent encore, ce qui est accidentel.

En bref, quand on dit « les Sept mandalas de Ngok », ils incluent les neuf divinités d’Hévajra, sa forme mère des 15 divinités de Nairatmya, les 49 divinités de Vajra Panjara, la forme père de Vajra Catuhpitha Naljor Namkha, la forme mère de la Dakini de sagesse, Mahamaya ou la Grande illusion et Guhya Manjushri. Dans le registre des enseignements du 5e Dalaï-Lama, il note que parfois à la place de Guya Manjushri, Dhumangari fait partie des sept, mais il remarque que ce n’est pas tout à fait juste, à ce qu’on dit. Cependant, il n’est pas clairement indiqué quels sont les maîtres qui incluent Dhumangari dans les Sept mandalas de Ngok.
Ces derniers temps, nous avons reçu de nombreux vieux manuscrits du Tibet, y compris beaucoup qui viennent des sièges de la tradition Ngok. Se trouvent inclus nombre des manuscrits que j’ai mentionnés, dont les textes de Trimkhang Lotsawa. Les transmissions des initiations de la plupart de ces derniers furent toutes transmises au complet à Sitou Panchèn Tsuglak Cheukyi Nangwa. Sa réincarnation, Sitou Péma Nyinché, a aussi reçu la transmission complète et on dit que le Guéloukpa Amchok Guéshé Tulkou Keunchok Tènpay Gyaltsèn les a toutes reçues. Je pense que ceci nous sera bénéfique dans notre recherche.
En bref, Jamgœn Kongtrul a combiné les autres ta**ras de Marpa le traducteur et les Sept mandalas de Ngok pour les rassembler dans ce qu’on appelle maintenant « les Treize ta**ras de Marpa ». Le fait que les lignées d’initiation et de transmission de ces 13 ta**ras existent encore est du à l’incroyable bonté de Jamgœn Kongtrul Lodreu Thayé, comme nous le savons tous.
Le Trésor des ta**ras Kagyu que Jamgœn Kongtrul a compilé contient essentiellement des ta**ras, pas des soutras. Parmi les ta**ras, ce sont principalement les ta**ras inégalés, et parmi eux ce sont principalement ceux de la tradition de Marpa, qui contient essentiellement les transmissions de la tradition de Marpa qui ont été transmises par les lignées Kamtsang et Drikoung Kagyu. Jamgœn Kongtrul lui- même a dit qu’il avait pris à cœur les ta**ras de Marpa et voulait simplement empêcher que leur transmission de mûrissement et de libération ne se perde. Comme il l’a dit, il est important que nous tous, disciples de Marpa le traducteur, gardions précieusement cet héritage et le pratiquions. C’est ce qu’ont dit les grands maîtres du passé, et j’en ai moi-même acquis une certaine certitude.
Peu de temps après mon arrivée en Inde, s’est tenue la conférence Karma Kagyu à Varanasi. A ce moment-là, on a attribué à chaque monastère un des 13 ta**ras de Marpa, et j’avais suggéré qu’ils accomplissent des pujas de ces ta**ras tous les ans. Les monastères ont fait ce que j’avais suggéré et ils considèrent ce ta**ra comme leur divinité d’élection. Ils ont reçu les initiations et les transmissions des Fils de Cœur, ils ont étudié les rituels avec Kyabjé Vajradhara Tènga Rinpoché, etc. Ils ont ainsi montré un vif intérêt et ils continuent de les pratiquer jusqu’à ce jour.

A l’époque de Sitou Panchèn, à Jangyul, on avait compilé un index des divinités des ta**ras inégalés et on avait peint 27 tankas. J’ai reçu de vieilles tankas de cette transmission, presque toutes. Il m’a semblé que les monastères qui accomplissaient les pujas avaient besoin de voir les tankas, et j’ai pu les offrir aux monastères. Également, il y a quelques années, je leur ai fait savoir que je pourrais apporter mon concours dans la construction de centres de retraite dédiés aux ta**ras de Marpa.
J’ai aussi l’idée que je devrais peut-être compiler un supplément au Trésor des ta**ras Kagyu de Jamgœn Kongtrul Lodreu Thayé. Comme je l’ai mentionné, le Trésor des ta**ras Kagyu contient essentiellement - parmi les quatre classes de ta**ras - des textes des ta**ras inégalés. Même parmi les ta**ras inégalés, il y en a quelques uns dans les Cinq séries des cinq divinités de Dusoum Khyènpa. Ces divinités n’appartiennent pas toutes aux ta**ras inégalés, mais Vajravarahi, Chakrasamvara et Hévajra en font partie. Il y a également les enseignements sur Gyalwa Gyatso transmis par Réchoungpa, et d’autres ta**ras importants qui ne se trouvent pas dans le Trésor des ta**ras Kagyu.
Il y a aussi des textes des ta**ras inférieurs tels qu’Akshobhya et Sarvavid, aussi bien que des ta**ras qui étaient auparavant transmis dans la lignée Karma Kamtsang mais qui ont été perdus, comme Abhisambodhi de Vairochana, Vajradhatu, etc. qui remontent à l’époque du 6e Karmapa. Les initiations, les transmissions, les mandalas et les rituels appartiennent probablement essentiellement aux traditions Sakya et Buteun, aussi je pense que si je pouvais restaurer la transmission de ces initiations, nous pourrions les inclure et avoir des textes des quatre classes de ta**ras. Le Trésor des ta**ras Kagyu serait alors encore plus complet qu’il ne l’est déjà, me semble-t-il. Quelqu’un comme moi n’a pas les qualités nécessaires et ne convient pas du tout pour faire ce travail, comme le dit le dicton tibétain, nous en sommes réduits à marcher sur les genoux - nous sommes à une époque où nous devons faire tout ce que nous pouvons. Gourou Vajradhara Tai Sitou Rimpoché, Goshri Gyaltsap Rimpoché, Khènchèn Thrangou Rimpoché, Kyabjé Sangyé Nyènpa Rimpoché et d’autres grands maîtres sont toujours en vie, et nous pouvons encore recevoir des enseignements sur des textes écrits par des lamas du passé. En outre, les transmissions de nombreux ta**ras extérieurs et intérieurs existent encore dans d’autres lignées du dharma.
Dans le passé, j’ai été submergé par la 9e absence de richesses - un environnement agité -, ce qui a vraiment obscurci les choses. Mais, à l’heure actuelle, j’ai un peu eu le temps de rester à l’écart de cet environnement agité. J’ai commencé à compiler autant de textes que possible de la lignée de la pratique de la tradition Karma Kamtsang, et je vais essayer de restaurer les lignées de leurs initiations et de leurs transmissions. Si tout va bien, j’inclurai pour finir autant d’initiations, de transmissions et d’instructions essentielles de ta**ras que possible issues d’autres traditions Kagyu. J’aimerais faire du Trésor des ta**ras Kagyu un recueil général des ta**ras Kagyu. Si j’y parviens, alors à l’avenir, quand les lamas Kagyu donneront les initiations du Trésor des ta**ras Kagyu, nous pourrons recevoir les initiations, les

transmissions et les instructions essentielles de la plupart des lignées Kagyu. Je crois que ceci aidera à préserver les traditions textuelles pendant longtemps.
Pour ce qui est des explications des ta**ras en général, dans le passé le Tibet avait une grande richesse d’explications des ta**ras, des initiations, des transmissions et des instructions essentielles de Marpa et de ses disciples, mais la plupart se sont perdues. Par exemple, dans la lignée Karma Kamtsang, mis à part les enseignements sur les Principes intérieurs profonds, le Ta**ra d’Hevajra et le Continuum sublime, on n’a pas vraiment coutume d’enseigner les ta**ras.
Ainsi cette année, nous aurons un enseignement estival, qui s’adressera principalement aux moines et aux nonnes qui étudient les ta**ras dans les principaux monastères, comme je l’ai annoncé précédemment. Mon but est avant tout de raviver l’enseignement et l’étude des ta**ras. J’ai pensé que cette année, pour le premier enseignement estival, je ferai un bref historique des ta**ras du mantra secret. Puis, à partir de l’an prochain, en suivant ce qui se faisait à l’époque du 8e Karmapa, Mikyeu Dorjé, nous commencerons avec les Cinquante stances du gourou et l’explication des manquements racines, tirée de l’Océan des samayas du 3e Karmapa, Rangjoung Dorjé. Puis nous passerons en r***e les enseignements sur le kriya ta**ra, le charya ta**ra, le yoga ta**ra et les ta**ras supérieurs, dans l’ordre. De même, nous étudierons les présentations des chemins et des niveaux, ainsi que les arrangements pour les rituels. Si nous pouvons nous rencontrer et que les conditions sont favorables, j’ai aussi pensé que nous pourrions étudier les grands ta**ras de Chakrasamvara, Hevajra et Guhyasamaja. Il y a quelques années, j’ai pu recevoir, de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, la transmission et l’explication du commentaire du Seigneur Tsongkhapa sur le ta**ra de Guhyasamaja. Mon objectif principal était de pouvoir diffuser les enseignements de la tradition de Guhyasamaja de Marpa au sein de la lignée Kagyu. De même, j’aimerais recevoir autant d’initiations et de transmissions de Chakrasamavara, Hevajra, Catuhpitha, etc. que possible, et j’ai l’espoir que je pourrai les enseigner à d’autres.
J’ai gaspillé beaucoup de votre temps avec mes bavardages aujourd’hui et je n’ai pas besoin d’en dire beaucoup plus. Pour terminer, je voudrais à nouveau exprimer ma gratitude à toutes les personnes de toutes les lignées et à tous mes amis d’avoir célébré mon anniversaire. En particulier, je voudrais remercier tous les monastères Kagyu au Tibet et à l’étranger qui ont organisé des activités telles que planter des arbres, ramasser les déchets dans leur communauté, pratiquer le végétarisme, relâcher des vies, faire des dons aux nécessiteux et beaucoup d’autres activités qui permettent d’abandonner les actes négatifs et de pratiquer la vertu. C’est une façon utile et émouvante de célébrer mon anniversaire. Je voudrais tous vous en remercier.
Plus particulièrement, quand j’étais en Inde, je résidais au monastère de Gyuto. Tous les ans, ils célébraient mon anniversaire en faisant des prières de souhait et une cérémonie. Même cette année, malgré les difficultés supplémentaires dues à

l’épidémie de coronavirus, ils ont fait une cérémonie et récité des prières, et je voudrais leur exprimer mes remerciements particuliers.
En conclusion, je fais la prière que Sa Sainteté le Dalaï-Lama vive longtemps et qu’il accomplisse spontanément tous ses souhaits. De même, que tous les grands lamas de toutes les lignées - Sakya, Kagyu, Guélouk et Nyingma - vivent tous longtemps, que leurs activités s’épanouissent et que leurs souhaits se réalisent spontanément. Je vous remercie 🌸

Message du Gyalwang Karmapa pour son 36e anniversaire
J’aimerais présenter à vous tous mes salutations et mes Tashi Delek.
Aujourd’hui, 26 juin, est le jour où l’on célèbre généralement mon anniversaire. La date réelle de mon anniversaire est le 1er jour du 5e mois tibétain, mais mon anniversaire est célébré à plusieurs dates différentes. La date que mes parents considèrent comme celle de ma naissance est calculée selon le calendrier tibétain, ce qui donne dans le calendrier occidental le 19 juin 1985. Traditionnellement au Tibet, on n’avait pas coutume de fêter les anniversaires, aussi quand j’habitais encore dans ma terre natale, nous ne célébrions pas mon anniversaire. Ce n’est qu’après mon arrivée au monastère de Tsourpou que mon anniversaire a été célébré pour la première fois. Et cette célébration a eu lieu le 26 juin, qui est ensuite devenu la date où l’on célèbre mon anniversaire.
Voici comment je l’envisage : personnellement, je vois mon anniversaire comme un jour de gratitude. Car c’est la date où je suis arrivé dans ce monde. Non seulement je suis né, mais j’ai aussi reçu un excellent corps humain qui me permet de pratiquer le dharma. Ce corps, je le dois à la bonté de mes parents bien-aimés, aussi je suis reconnaissant de la bonté de mes parents.
Puis, plus t**d, j’ai franchi la porte du dharma véritable et c’est grâce à la bonté de mes grands amis spirituels que j’ai un peu appris ce qu’il convient de faire et de ne pas faire. Je suis donc conscient qu’il est important d’être reconnaissant et de me souvenir de la bonté que mes amis spirituels me témoignent en ce jour.
De même, si j’ai quelque aptitude à œuvrer au nom du bouddhisme et des êtres et si j’ai développé le souhait de le faire, je le dois à la bonté de mes amis et collaborateurs ainsi qu’à la bonté de tous les êtres avec lesquels je suis connecté. Ainsi, je reconnais aussi que ce jour est le moment d’avoir de la gratitude pour tous mes amis et tous les êtres.
Cette année, celle de mes 36 ans, est pour moi une année d’obstacles. Les monastères de moines et de nonnes en Inde, au Népal et au Bhoutan avaient prévu de grandes cérémonies, mais à cause de l’épidémie du coronavirus, ils n’ont eu d’autre choix que de les reporter. Puisque c’est mon année d’obstacles, les monastères et les personnes privées dans mon pays natal du Tibet, mais aussi en Inde, au Népal et au Bhoutan et partout dans le monde accomplissent, individuellement et collectivement, de grandes cérémonies et rituels qui me sont spécifiquement dédiés. En bref, je ressens toutes ces intentions pures et tout l’amour que vous me portez, même si je n’en vois pas les expressions physiques ou verbales. J’en perçois toute la grandeur et la profondeur dans le cœur de mon cœur. Je voudrais donc profiter de cette occasion pour vous dire à tous merci.

Cependant, l’épidémie de coronavirus n’est pas encore terminée, que ce soit au niveau international ou en Inde et au Népal, et il est donc très important que vous preniez soin de votre santé. En particulier, les moines et les nonnes ne doivent pas baisser la garde pour ce qui est de la prévention, et si vous avez des symptômes de la Covid, ne soyez pas gênés ou réticents mais informez-en les responsables de votre monastère. En faisant de la sorte, le premier bienfait sera que vous pourrez recevoir un traitement rapide, et le deuxième sera qu’il y aura moins de risque d’infecter quelqu’un d’autre.
Cette maladie est hautement infectieuse mais on dit qu’en général elle n’est pas mortelle. Donc, si vous attrapez la Covid, il est inutile de trop vous inquiéter. Mais ne sous-estimez pas cette maladie, ne l’ignorez pas non plus ; il est probablement bénéfique de se nourrir plus sainement, de prendre des médicaments tibétains traditionnels, etc. Pour les détails, je pense que le mieux est de suivre les conseils des professionnels de santé et de vos responsables locaux de santé publique.
Pour dire quelques mots de ma situation personnelle, il est difficile de décrire ce que je ressens quand je jette un coup d’oeil sur les 36 dernières années. Quand je regarde la durée de vie des Karmapas précédents, en moyenne ils n’ont pas beaucoup vécu au-delà de 50 ans. Bien que leurs vies n’aient pas été longues, les bienfaits qu’ils ont apporté aux enseignements et aux êtres sont si immenses qu’il est difficile d’en parler. En comparaison, j’ai l’impression d’avoir gaspillé inutilement et en vain l’essentiel des dernières 36 années de ma propre vie.
J’ai passé les sept premières années de ma vie dans ma terre natale où j’ai mené une existence modeste de nomade avec mes parents, mes frères et sœurs et les gens de la région. De nos jours, il est difficile de trouver un environnement similaire à celui que j’avais à l’époque. Les gens qui vivent en ville de nos jours ne peuvent même pas imaginer ce qu’était la vie en ce temps-là, et encore moins en faire l’expérience. Mais ce fut pour moi, et de loin, la période la plus heureuse et la plus libre de ma vie. La principale raison en est que j’étais avec mes parents et j’avais le sentiment de vivre sous la protection de leur amour.
J’ai encore du mal à expliquer ce qu’a été ma vie depuis que j’ai sept ans. Tout d’un coup, on m’a dit que j’étais la réincarnation du Gyalwang Karmapa et on m’a placé sur un trône. A l’époque je ne savais vraiment pas ce que signifiait être le Karmapa. Mais on m’a dit que j’étais le Karmapa, alors j’ai commencé à vivre et recevoir une éducation comme si j’étais le Karmapa.
A partir de ce moment-là, il y a eu d’immenses changements dans ma vie, le plus grand étant que mes sentiments et mes opinions personnelles ne comptaient plus ; le plus important était les idées que les autres se faisaient sur comment je devrais être. Il m’arrivait parfois d’avoir l’impression d’être un acteur, comme si je jouais le rôle que d’autres pensaient que je devais jouer ou voulaient que je joue. C’est comme cela que

je le ressentais. Ceci pour dire que je suis un être humain et j’ai naturellement des sentiments de bonheur et de tristesse. Mais j’avais l’impression que je devais cacher mes propres sentiments ou qu’il n’y avait personne à qui en parler. La chose principale est que je devais vivre comme un personnage important, de la manière escomptée par les autres. Je ne suis peut-être pas le seul à avoir éprouvé ceci ; je pense que beaucoup d’autres tulkous tibétains ont probablement ressenti la même chose.
En tout cas, ce n’est qu’après avoir grandi et fait quelques études que j’ai peu à peu commencé à avoir une certaine compréhension de ce qu’est le Karmapa et de l’activité accomplie par les précédents Karmapas. Ce n’est qu’alors que ma propre responsabilité est graduellement devenue claire. Auparavant, je pensais que je devais faire semblant, mais cela a changé. J’ai commencé à penser que je devais être le serviteur de l’activité des Gyalwang Karmapas. À partir de là, je n’ai plus eu à m’inquiéter de savoir si j’étais le Karmapa, et je n’ai plus ressenti d’orgueil à être le Karmapa ou de malaise à avoir l’impression de faire semblant.
Maintenant, je pense que le Gyalwang Karmapa est présent au-dessus de ma tête, comme une coiffe. Je pense que si je porte le titre de Karmapa, c’est grâce à la compassion et aux bénédictions des Karmapas précédents, en particulier de Rangjoung Rigpé Dorjé, de Sa Sainteté le Dalaï-Lama et de nombreux grands êtres. Ou bien, ils ont vu que ce serait une situation qui me permettrait d’apporter quelque bienfait aux êtres et au bouddhisme, et alors ils m’ont reconnu et donné le titre. J’ai maintenu cette confiance tout au long de ma vie jusqu’à maintenant. Par exemple, quand les gens font des offrandes, des louanges ou qu’ils montrent leur foi en moi, je pense qu’ils s’adressent au Karmapa qui se trouve au-dessus de ma tête. Je n’ai probablement jamais eu la pensée que ces gens me font des offrandes, des louanges ou qu’ils ont foi en moi. De plus, comme d’autres gens, j’ai aussi une véritable foi en le Gyalwang Karmapa. Je médite qu’il est au-dessus de ma tête, qu’il n’est jamais séparé de moi, je le prie autant que je peux et je lui offre également ma foi et ma dévotion. Je fais ceci autant que je le peux. C’est ma propre façon de pratiquer le gourou yoga.
Mais comme vous le savez tous, il n’est pas facile ni confortable d’être au service de l’activité du Gyalwang Karmapa. Si vous n’avez pas accumulé assez de mérite ou si vous n’avez pas la plus haute intelligence, la situation est telle qu’il est impossible de le faire véritablement.
Je n’ai jamais vraiment vécu comme une personne ordinaire et il me manque l’expérience qu’a une personne ordinaire. En outre, depuis qu’on m’a donné le titre de Karmapa jusqu’à maintenant, je n’ai plus beaucoup de contrôle sur mes allées et venues et ce que je fais. Il est même difficile de sentir que j’ai des amis. La raison en est que vous ne pouvez devenir ami qu’avec quelqu’un dont le caractère, la façon de faire les choses et l’expérience sont plus ou moins semblables aux vôtres. Ma vie est trop différente de celle des autres, et j’ai été trop limité dans mes déplacements et mes actes. Aussi, il m’a été difficile de trouver des amis dont je me sente proche.

De plus, de nombreuses situations de ma vie sont liées à des problèmes et conflits politiques et sociaux. Et j’ai naturellement fini par tomber dans une situation difficile. Je n’ai aucun contrôle et je n’ai rien pu faire. Mais j’essaie toujours de mobiliser l’énergie de mon corps et de mon esprit et de faire tout mon possible. Cependant, alors même que j’essaie, j’ai parfois le sentiment que les difficultés et les problèmes dépassent largement mes capacités, en taille et en nombre.
Dans de tels moments, autre que m’encourager moi-même, je trouve qu’il y a peu de gens avec qui je peux partager mes sentiments, ou qui peuvent me prodiguer des encouragements. Mais je pense toujours qu’il ne serait pas juste de donner les difficultés que je rencontre à quelqu’un d’autre ; je dois supporter mes propres difficultés moi-même et c’est quelque chose que je me remémore souvent.
Aussi, habituellement, quand je rencontre un problème ou que je me sens triste, je n’en parle pas et je n’essaie pas de l’expliquer. D’abord, ma situation est différente de celle que vivent les gens ordinaires, et cette différence est si grande qu’il est difficile aux autres de comprendre. C’est une raison. La deuxième raison est que quand je parle aux autres des situations qui me rendent heureux ou enthousiaste, ils sont heureux et je le suis aussi, et c’est le bon côté. Au contraire, si je parle aux autres de mes soucis et de ce qui se passe mal, alors ils s’inquiètent et je me sens mal à l’aise, ce qui est inutile.
En bref, quelles que soient les difficultés ou la solitude que j’éprouve dans la vie, la plupart du temps je pense à ce qui me rend heureux et joyeux. Il y a eu des situations difficiles où j’ai été inquiet et où j’ai rencontré des problèmes pendant un certain temps, mais je ne les ai pas gardés à l’esprit longtemps.
Par exemple, pendant les Kagyu Meunlams, j’ai pu passer quelques mois à travailler avec des moines de différents monastères et des gens de diverses nationalités. C’est une période très intense où il m’arrive même d’oublier de manger, mais je me sens vraiment heureux. C’est parce que j’ai l’impression de faire quelque chose d’utile. Quand j’étais en Inde, les périodes les plus agréables étaient quand je faisais quelque chose et que je travaillais avec de nombreux amis du dharma. C’est ce que je trouve le plus plaisant. C’est donc grâce à votre aide et à votre soutien que je peux me sentir heureux et comblé ; c’est pourquoi j’aimerais vous dire merci, et ce ne sont pas seulement des mots mais je le pense du fond du cœur.
Voilà donc quelques unes de mes expériences passées.
Aujourd’hui, c’est mon anniversaire, et je n’ai rien d’autre à vous dire que merci ; je n’ai pas envisagé de vous dire « Merci de faire ceci » ou « Ne faites pas cela ». J’aimerais cependant profiter de cette occasion pour vous faire part de certaines choses auxquelles je pense et de quelques projets pour l’avenir.

En général, on pense qu’on est tibétain, bouddhiste tibétain ou Kagyu, mais nous faisons tous les mêmes expériences de la joie et de la souffrance ; nos vies sont étroitement liées. Ceci est important. En particulier, en raison des grands progrès de la technologie, peu importe la distance qui sépare les gens, ils peuvent être en contact instantanément. Peu importe où un événement se déroule dans le monde, qu’il soit grand ou petit, on en est informé rapidement et c’est encore une nouvelle fraîche. Aussi, nous avons tous l’impression que le monde devient peu à peu de plus en plus petit.
De même, de nombreux pays s’ouvrent vers l’international et il y a plus de connexions entre des gens de différentes nationalités. C’est ainsi que les choses sont. Dans un tel environnement, que l’on soit tibétain, bouddhiste tibétain ou kagyupa, notre façon de voir et de penser doit prendre une ampleur beaucoup plus vaste et profonde qu’auparavant. C’est un point important.
La raison en est que la plupart des gens ont des contacts internationaux, ils deviennent des citoyens du monde. Si, quand nous sommes entre nous, nous ne voyons rien d’autre que notre propre ladrang, notre propre monastère ou notre propre lignée, je considère que cette façon de penser tient du féodalisme. Au contraire, à l’instant où nous disons « bouddhisme tibétain » ou « Kagyu », nous devrions naturellement nous souvenir des points communs ou de la totalité des enseignements. Si les enseignements dans leur ensemble s’épanouissent, se développent et gagnent l’excellence, les individus qui suivent le bouddhisme, les ladrangs et les monastères vont aussi prospérer et s’épanouir. Je considère qu’il est extrêmement important d’avoir une telle compréhension et intention.
Si au contraire, nous n’adoptons pas une perspective large et un mode de pensée vaste, quand quelques uns de nos monastères et ladrangs prospèrent, nous serons dans l’erreur. Et quand les choses vont bien pour eux et qu’ils sont prospères, nous serons étonnés. Si nous n’avons aucune idée de ce qui se passe dans le monde, c’est comme si le soleil brillait sur le monde mais que nous restions dans notre chambre avec les volets fermés. Autrefois, nous les Tibétains, nous étions retranchés dans une partie reculée du monde et nous y restions, dans l’ignorance. Nous savons tous ce qui a fini par arriver.
Donc, nous tous - à l’échelle plus large du monde entier ou à l’échelle plus petite de tous Tibétains, de toutes nos lignées, de nous tous Kagyu - nous existons dans une relation où ce que nous faisons affecte les autres. Nous dépendons les uns des autres ; nous nous appuyons les uns sur les autres. Si, au lieu de nous diviser en factions, nous rassemblons toutes nos forces, je suis fermement convaincu que nous pourrons contribuer au bonheur les uns des autres et surmonter les difficultés.
Ces dernières années, j’ai eu, à quelques reprises, l’occasion d’essayer d’aider à l’amélioration des relations entre les lignées Kagyu, et en particulier d’apporter la réconciliation au sein de la lignée Kamtsang. Selon moi, c’est essentiellement parce

que tout le monde a adopté une vue large que nous avons accompli de grands progrès. Mais les résultats n’ont pas encore satisfait tous mes espoirs. Aussi je souhaite poursuivre mes tentatives sans relâche, et j’espère que mes amis et compagnons du dharma m’apporteront leur aide et leur soutien.
L’harmonie est extrêmement importante. En particulier, l’harmonie dans la sangha est le fondement pour le développement des enseignements. Si nous voulons vraiment que les enseignements prospèrent, il me semble que c’est impossible si nous nourrissons de l’attachement, de la haine et de la jalousie les uns pour les autres. Le plus important est que, peu importe la lignée du dharma à laquelle nous appartenons, nous devons d’abord savoir qui nous sommes et quelles sont nos origines. Pour savoir ce que nous devons faire, il nous faut comprendre quelles sont l’histoire, les instructions essentielles, les pratiques des rituels, etc. de notre lignée, et il nous faut les étudier. Une fois que nous les avons étudiées, je crois qu’il est très important que nous nous efforcions de soutenir la lignée, et de la rendre ferme et stable. En faisant de la sorte, c’est avec confiance que nous serons un disciple et un étudiant de la lignée et nous pourrons nous rendre compte que nous n’avons pas perdu notre base.
De même, bien connaître l’histoire, les instructions essentielles et les pratiques rituelles de notre lignée nous permettra de faire ressortir les qualités spéciales de notre lignée et de les mettre en valeur pour les autres. Si nous ne nous soucions pas de notre propre lignée du dharma, il sera difficile de trouver quelqu’un d’autre pour en prendre soin et apprécier son importance.
Il est extrêmement important d’être non-sectaire. L’impartialité signifie que nous devrions voir le bouddhisme de façon vaste sans créer de factions ; c’est une philosophie de la manière de penser. Cela ne signifie pas que l’on doit dire
« J’appartiens à la tradition non-sectaire » et puis créer une lignée séparée. Si nous le faisions, il serait difficile de dire qu’elle est non-sectaire.
Peu importe que l’on appartienne à la lignée Sakya, Guéloug, Kagyu ou Nyingma ; cela ne signifie absolument pas que l’on a le droit d’être sectaire. Peu importe notre lignée, quand nous entrons dans le dharma pour la première fois, nous établissons une connexion avec un lama particulier et une lignée. Cette connexion est le fondement, notre base d’entrée dans les enseignements. Il nous faut la chérir. A partir de ce fondement, de cette base, nous devrions aussi suivre autant de lignées différentes et de lamas que nous pouvons. S’il nous manque le fondement ou la base et que nous nous essayons à tous les dharmas qui se présentent, nous n’avons pas de base stable dans le dharma et nous n’avons pas de lignée comme source. Je pense qu’il y a aussi le danger que nous n’ayons personne vers qui nous tourner et à qui nous vouer au moment de la mort.
Dans la tradition Kagyu, par exemple, les ancêtres Kagyu nous ont laissé un héritage extraordinaire : les explications des ta**ras de Marpa et Ngokpa, la force morale et les instructions essentielles de Milarépa, Dévoiler l’essence de Gampopa, Montrer les

trois kayas et le Souffle et l’esprit inséparables du Karmapa, le Chemin supérieur ultime de Lama Shang, le Chemin rapide du mélange et du transfert des Barom, le Mantra secret de Pakmodroupa, les Trente-neuf libérations des Takloung, le Point unique des trois vœux des Drikoung, la Saveur unique de l’interdépendance de Tsangpa Gyaré, la dévotion et le détachement de Lorépa et Gœtsangpa, etc. Chaque héritage est complet et a toutes les qualités, mais il y a de nombreuses différences, comme la façon de réciter les noms des gourous ou comment le gourou s’occupe de nous. Mais nous n’avons pas pris soin de nombre de ces instructions et elles se sont perdues. Aussi, prendre soin de notre héritage doit être notre principale responsabilité et c’est là que nous devons concentrer notre énergie.
En conséquence, j’ai le projet que, dans les années à venir, nos shédras Kamtsang étudieront les Trois vœux des Takloung, l’Intention unique des Drikoung, le Traité du mahamoudra des victorieux des Droukpa, etc. et en débattront, ceci en en étudiant un par an.
En outre, on a aussi évoqué le fait que j’écris un commentaire sur le Précieux ornement de la libération ; plus tôt dans l’année, j’ai aussi enseigné les Quatre dharmas de Gampopa. Pour ce faire, j’ai eu l’occasion de parcourir beaucoup de textes Kagyu. J’ai alors eu le sentiment que, si nous voulons saisir dans sa totalité toute la portée de la pensée de Marpa, de Milarépa, de Gampopa et des autres ancêtres Kagyu, il serait injuste de ne pas examiner les instructions essentielles, les commentaires, les questions-réponses écrits par les maîtres de toutes les lignées Kagyu, les quatre aînées et les huit cadettes. J’ai obtenu la conviction que les étudier et faire des recherches à un niveau approprié nous permettra de mettre en évidence et de comprendre clairement les caractéristiques particulières de la vue, la méditation et la conduite, ainsi que de la base, du chemin et du fruit de la lignée Kagyu. C’est pourquoi je considère qu’il est très important que nous - dans la tradition Kamtsang - nous étudions et enseignions les traits distinctifs et les traditions de commentaire des autres lignées Kagyu et que nous en discutions ; je fais des projets en ce sens.
On dit souvent qu’il y a deux traditions qui viennent du grand être, Marpa le traducteur, la lignée de la pratique et la lignée des explications. La lignée de la pratique a été transmise sans interruption depuis Milarépa et c’est ce qu’on appelle maintenant la lignée Dakpo Kagyu. Quant à la lignée des explications, elles sont plusieurs, transmises par Métœn, Tsurtœn et Ngokpa, mais à l’heure actuelle, la lignée des explications est en sérieux déclin, la situation est difficile. Parmi les lignées des explications, celles pour lesquelles il existe encore une transmission des initiations et des transmissions scripturaires sont connues sous le nom des « Sept mandalas de Ngok ».
Il y avait deux transmissions principales de la lignée des explications de Ngok Cheukou Dorjé, les traditions Ram et Ngok. Il est dit que Kunkhyèn Cheukou Euser a écrit un texte qui établit que les traditions Ram et Ngok ont toutes les deux le même objectif. De ces deux traditions, la tradition Ngok a été transmise par le fils de

Kunkhyèn Cheukou Dorjé, Dodé, et elle s’est divisée en deux transmissions, les transmissions Tsangtsa et Gyaltsa. La transmission Tsangtsa a été transmise à Treushing Rinpoché Jangchoup Palwa que, semble-t-il, le Seigneur Tsongkhapa tenait en haute estime et dont il disait fréquemment qu’il était un érudit et un éveillé de la tradition Ngok. A cette époque, les étudiants de Jangchoup Palwa comptaient parmi eux Jamyang Cheujé Tashi Paldèn, Takloung Ngawang Drakpa, Gœ Lotsawa Sheunnou Pal, Panchèn Jampa Lingpa et de nombreux autres étudiants éminents. Il enseigna le ta**ra de Hévajra à partir d’un manuscrit appelé le Dorjéma, et chaque fois qu’il l’enseignait, il faisait une marque. On dit qu’il a fait 182 marques.
À un certain moment, la lignée des explications de Vajra Catuhpitha s’est perdue, et le Seigneur Tsongkhapa dit à Jangchoup Palwa qu’il devait absolument la faire revivre. Jangchoup Palwa alla voir un vieux lama au monastère de Treushing qui s’appelait Loppeun Tsulgœn et reçut de lui la transmission du ta**ra de Vajra Catuhpitha. Par la suite, il enseigna Vajra Catuhpitha de nombreuses fois.
Trimkhang Lotsawa Seunam Gyatso reçut les initiations des Sept mandalas de Ngok et écrivit les textes complets d’une nouvelle sadhana et du rituel du mandala pour les Sept mandalas. Plus t**d, il donna les initiations des Sept mandalas de Ngok au 4e Shamar Chènnga Cheudrak, et à cette occasion il y eut de nombreux signes miraculeux comme des arcs-en-ciel qui se formaient sur les bords du mandala. Panchèn Seunam Drakpa écrivit dans son histoire de la lignée Kadampa que l’activité la plus importante de Trimkhang Lotsawa fut de diffuser la tradition des mandalas de Ngok.
Le mahasattva Lodreu Gyaltsèn de Déma Tang se rendit aussi à Shung et reçut de Jangchoup Palwa de nombreux enseignements du dharma de Ngok. Selon son histoire de libération, il prit Dhumangari comme son protecteur du dharma. Également, quand Druk Gyalwang Cheujé se rendit à Shung et rencontra Jangchoup Palwa, Jangchoup Palwa lui dit : « Je t’ai attendu jusqu’à maintenant. Je peux maintenant rendre le dharma à son propriétaire. » Il lui donna alors toutes les initiations et les instructions essentielles des mandalas de Ngok, y compris les enseignements mineurs, lui confiant ainsi les enseignements.
De même, les deux maîtres bien-connus des Shènnga Kagyu, Pakpa Lha et Shiwa Lha, se rendirent à Machèn au Tsari, où ils reçurent les Sept mandalas de Ngok de Cheujé Tsangchènpa ainsi que les enseignements annexes. Les biographies de nombre de maîtres tibétains décrivent comment ils ont reçu les enseignements et les initiations des Sept mandalas de Ngok. La biographie du 5e Dalaï-Lama de Gœnpo Seunam Chokdèn raconte qu’il a reçu les Sept mandalas de Ngok de Ngokteun Jamyang Euser.
Plus t**d, quand le 1er Jamgœn Kongtrul compila les Sept mandalas de Ngok, il consulta de vieux manuscrits y compris ceux de Trimkhang Lotsawa, Shamar Chènnga Cheudrak, Jétsun Taranatha et Karma Chakmé. La plupart de ces textes existent encore, ce qui est accidentel.

En bref, quand on dit « les Sept mandalas de Ngok », ils incluent les neuf divinités d’Hévajra, sa forme mère des 15 divinités de Nairatmya, les 49 divinités de Vajra Panjara, la forme père de Vajra Catuhpitha Naljor Namkha, la forme mère de la Dakini de sagesse, Mahamaya ou la Grande illusion et Guhya Manjushri. Dans le registre des enseignements du 5e Dalaï-Lama, il note que parfois à la place de Guya Manjushri, Dhumangari fait partie des sept, mais il remarque que ce n’est pas tout à fait juste, à ce qu’on dit. Cependant, il n’est pas clairement indiqué quels sont les maîtres qui incluent Dhumangari dans les Sept mandalas de Ngok.
Ces derniers temps, nous avons reçu de nombreux vieux manuscrits du Tibet, y compris beaucoup qui viennent des sièges de la tradition Ngok. Se trouvent inclus nombre des manuscrits que j’ai mentionnés, dont les textes de Trimkhang Lotsawa. Les transmissions des initiations de la plupart de ces derniers furent toutes transmises au complet à Sitou Panchèn Tsuglak Cheukyi Nangwa. Sa réincarnation, Sitou Péma Nyinché, a aussi reçu la transmission complète et on dit que le Guéloukpa Amchok Guéshé Tulkou Keunchok Tènpay Gyaltsèn les a toutes reçues. Je pense que ceci nous sera bénéfique dans notre recherche.
En bref, Jamgœn Kongtrul a combiné les autres ta**ras de Marpa le traducteur et les Sept mandalas de Ngok pour les rassembler dans ce qu’on appelle maintenant « les Treize ta**ras de Marpa ». Le fait que les lignées d’initiation et de transmission de ces 13 ta**ras existent encore est du à l’incroyable bonté de Jamgœn Kongtrul Lodreu Thayé, comme nous le savons tous.
Le Trésor des ta**ras Kagyu que Jamgœn Kongtrul a compilé contient essentiellement des ta**ras, pas des soutras. Parmi les ta**ras, ce sont principalement les ta**ras inégalés, et parmi eux ce sont principalement ceux de la tradition de Marpa, qui contient essentiellement les transmissions de la tradition de Marpa qui ont été transmises par les lignées Kamtsang et Drikoung Kagyu. Jamgœn Kongtrul lui- même a dit qu’il avait pris à cœur les ta**ras de Marpa et voulait simplement empêcher que leur transmission de mûrissement et de libération ne se perde. Comme il l’a dit, il est important que nous tous, disciples de Marpa le traducteur, gardions précieusement cet héritage et le pratiquions. C’est ce qu’ont dit les grands maîtres du passé, et j’en ai moi-même acquis une certaine certitude.
Peu de temps après mon arrivée en Inde, s’est tenue la conférence Karma Kagyu à Varanasi. A ce moment-là, on a attribué à chaque monastère un des 13 ta**ras de Marpa, et j’avais suggéré qu’ils accomplissent des pujas de ces ta**ras tous les ans. Les monastères ont fait ce que j’avais suggéré et ils considèrent ce ta**ra comme leur divinité d’élection. Ils ont reçu les initiations et les transmissions des Fils de Cœur, ils ont étudié les rituels avec Kyabjé Vajradhara Tènga Rinpoché, etc. Ils ont ainsi montré un vif intérêt et ils continuent de les pratiquer jusqu’à ce jour.

A l’époque de Sitou Panchèn, à Jangyul, on avait compilé un index des divinités des ta**ras inégalés et on avait peint 27 tankas. J’ai reçu de vieilles tankas de cette transmission, presque toutes. Il m’a semblé que les monastères qui accomplissaient les pujas avaient besoin de voir les tankas, et j’ai pu les offrir aux monastères. Également, il y a quelques années, je leur ai fait savoir que je pourrais apporter mon concours dans la construction de centres de retraite dédiés aux ta**ras de Marpa.
J’ai aussi l’idée que je devrais peut-être compiler un supplément au Trésor des ta**ras Kagyu de Jamgœn Kongtrul Lodreu Thayé. Comme je l’ai mentionné, le Trésor des ta**ras Kagyu contient essentiellement - parmi les quatre classes de ta**ras - des textes des ta**ras inégalés. Même parmi les ta**ras inégalés, il y en a quelques uns dans les Cinq séries des cinq divinités de Dusoum Khyènpa. Ces divinités n’appartiennent pas toutes aux ta**ras inégalés, mais Vajravarahi, Chakrasamvara et Hévajra en font partie. Il y a également les enseignements sur Gyalwa Gyatso transmis par Réchoungpa, et d’autres ta**ras importants qui ne se trouvent pas dans le Trésor des ta**ras Kagyu.
Il y a aussi des textes des ta**ras inférieurs tels qu’Akshobhya et Sarvavid, aussi bien que des ta**ras qui étaient auparavant transmis dans la lignée Karma Kamtsang mais qui ont été perdus, comme Abhisambodhi de Vairochana, Vajradhatu, etc. qui remontent à l’époque du 6e Karmapa. Les initiations, les transmissions, les mandalas et les rituels appartiennent probablement essentiellement aux traditions Sakya et Buteun, aussi je pense que si je pouvais restaurer la transmission de ces initiations, nous pourrions les inclure et avoir des textes des quatre classes de ta**ras. Le Trésor des ta**ras Kagyu serait alors encore plus complet qu’il ne l’est déjà, me semble-t-il. Quelqu’un comme moi n’a pas les qualités nécessaires et ne convient pas du tout pour faire ce travail, comme le dit le dicton tibétain, nous en sommes réduits à marcher sur les genoux - nous sommes à une époque où nous devons faire tout ce que nous pouvons. Gourou Vajradhara Tai Sitou Rimpoché, Goshri Gyaltsap Rimpoché, Khènchèn Thrangou Rimpoché, Kyabjé Sangyé Nyènpa Rimpoché et d’autres grands maîtres sont toujours en vie, et nous pouvons encore recevoir des enseignements sur des textes écrits par des lamas du passé. En outre, les transmissions de nombreux ta**ras extérieurs et intérieurs existent encore dans d’autres lignées du dharma.
Dans le passé, j’ai été submergé par la 9e absence de richesses - un environnement agité -, ce qui a vraiment obscurci les choses. Mais, à l’heure actuelle, j’ai un peu eu le temps de rester à l’écart de cet environnement agité. J’ai commencé à compiler autant de textes que possible de la lignée de la pratique de la tradition Karma Kamtsang, et je vais essayer de restaurer les lignées de leurs initiations et de leurs transmissions. Si tout va bien, j’inclurai pour finir autant d’initiations, de transmissions et d’instructions essentielles de ta**ras que possible issues d’autres traditions Kagyu. J’aimerais faire du Trésor des ta**ras Kagyu un recueil général des ta**ras Kagyu. Si j’y parviens, alors à l’avenir, quand les lamas Kagyu donneront les initiations du Trésor des ta**ras Kagyu, nous pourrons recevoir les initiations, les

transmissions et les instructions essentielles de la plupart des lignées Kagyu. Je crois que ceci aidera à préserver les traditions textuelles pendant longtemps.
Pour ce qui est des explications des ta**ras en général, dans le passé le Tibet avait une grande richesse d’explications des ta**ras, des initiations, des transmissions et des instructions essentielles de Marpa et de ses disciples, mais la plupart se sont perdues. Par exemple, dans la lignée Karma Kamtsang, mis à part les enseignements sur les Principes intérieurs profonds, le Ta**ra d’Hevajra et le Continuum sublime, on n’a pas vraiment coutume d’enseigner les ta**ras.
Ainsi cette année, nous aurons un enseignement estival, qui s’adressera principalement aux moines et aux nonnes qui étudient les ta**ras dans les principaux monastères, comme je l’ai annoncé précédemment. Mon but est avant tout de raviver l’enseignement et l’étude des ta**ras. J’ai pensé que cette année, pour le premier enseignement estival, je ferai un bref historique des ta**ras du mantra secret. Puis, à partir de l’an prochain, en suivant ce qui se faisait à l’époque du 8e Karmapa, Mikyeu Dorjé, nous commencerons avec les Cinquante stances du gourou et l’explication des manquements racines, tirée de l’Océan des samayas du 3e Karmapa, Rangjoung Dorjé. Puis nous passerons en r***e les enseignements sur le kriya ta**ra, le charya ta**ra, le yoga ta**ra et les ta**ras supérieurs, dans l’ordre. De même, nous étudierons les présentations des chemins et des niveaux, ainsi que les arrangements pour les rituels. Si nous pouvons nous rencontrer et que les conditions sont favorables, j’ai aussi pensé que nous pourrions étudier les grands ta**ras de Chakrasamvara, Hevajra et Guhyasamaja. Il y a quelques années, j’ai pu recevoir, de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, la transmission et l’explication du commentaire du Seigneur Tsongkhapa sur le ta**ra de Guhyasamaja. Mon objectif principal était de pouvoir diffuser les enseignements de la tradition de Guhyasamaja de Marpa au sein de la lignée Kagyu. De même, j’aimerais recevoir autant d’initiations et de transmissions de Chakrasamavara, Hevajra, Catuhpitha, etc. que possible, et j’ai l’espoir que je pourrai les enseigner à d’autres.
J’ai gaspillé beaucoup de votre temps avec mes bavardages aujourd’hui et je n’ai pas besoin d’en dire beaucoup plus. Pour terminer, je voudrais à nouveau exprimer ma gratitude à toutes les personnes de toutes les lignées et à tous mes amis d’avoir célébré mon anniversaire. En particulier, je voudrais remercier tous les monastères Kagyu au Tibet et à l’étranger qui ont organisé des activités telles que planter des arbres, ramasser les déchets dans leur communauté, pratiquer le végétarisme, relâcher des vies, faire des dons aux nécessiteux et beaucoup d’autres activités qui permettent d’abandonner les actes négatifs et de pratiquer la vertu. C’est une façon utile et émouvante de célébrer mon anniversaire. Je voudrais tous vous en remercier.
Plus particulièrement, quand j’étais en Inde, je résidais au monastère de Gyuto. Tous les ans, ils célébraient mon anniversaire en faisant des prières de souhait et une cérémonie. Même cette année, malgré les difficultés supplémentaires dues à

l’épidémie de coronavirus, ils ont fait une cérémonie et récité des prières, et je voudrais leur exprimer mes remerciements particuliers.
En conclusion, je fais la prière que Sa Sainteté le Dalaï-Lama vive longtemps et qu’il accomplisse spontanément tous ses souhaits. De même, que tous les grands lamas de toutes les lignées - Sakya, Kagyu, Guélouk et Nyingma - vivent tous longtemps, que leurs activités s’épanouissent et que leurs souhaits se réalisent spontanément. Je vous remercie 🌸

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