Fédération Euro-Méditerranéenne contre les Disparitions Forcées - FEMED

Fédération Euro-Méditerranéenne contre les Disparitions Forcées - FEMED 😊 Ensemble, contribuons à mettre fin aux disparitions forcées dans la région euro-méditerranéenne! 😊

📢 Que Vérité et Justice soient d'autant plus prônées et ce-pour défendre les droits de nos proches et la dignité humaine ! 🔔

La Fédération Euro-Méditerranéenne Contre les Disparitions Forcées (FEMED) fut créée en Mai 2007 au Liban à Beyrouth, résultante de la coalition des associations des familles des disparus. Elle a pour objectif de lutter allant à cesser toute pratique de disparition forcée dans les pays du pourtour méditerranéen. Compte tenu des difficultés rencontrées par les associations des familles des disparus

La Fédération Euro-Méditerranéenne Contre les Disparitions Forcées (FEMED) fut créée en Mai 2007 au Liban à Beyrouth, résultante de la coalition des associations des familles des disparus. Elle a pour objectif de lutter allant à cesser toute pratique de disparition forcée dans les pays du pourtour méditerranéen. Compte tenu des difficultés rencontrées par les associations des familles des disparus

Fonctionnement normal

📣Samedi dernier, à l'occasion de la Journée Internationale contre les Disparitions Forcées, la FEMED, au sein du Collect...
07/09/2021

📣Samedi dernier, à l'occasion de la Journée Internationale contre les Disparitions Forcées, la FEMED, au sein du Collectif contre les disparitions forcées, a pris part à un rassemblement place Stalingrad, à Paris. Nous vous partagerons bientôt les prises de parole des personnes qui sont intervenues pour nous faire part de l'état des disparitions forcées dans leur pays respectifs !

Dónde Están Francia , Ayotzinapa , Asociación para la Recuperación de la Memoria Histórica - ARMH , Afaspa , Collectif Guatemala

Vendredi dernier à l'occasion de la Journée Internationale des Victimes de Disparition Forcée la FEMED, au sein du Colle...
07/09/2021

Vendredi dernier à l'occasion de la Journée Internationale des Victimes de Disparition Forcée la FEMED, au sein du Collectif contre les disparitions forcées, ont organisé la projection du documentaire franco-uruguayen "Por Esos Ojos". Ce récit retrace la disparition forcée d'un couple de révolutionnaires uruguayens exilés en Argentine et dont l'enfant a été recueilli par les ravisseurs de ses propres parents. Hautement émouvant, nous avons eu droit à l'intervention du réalisateur, Gonzalo Arijon.
La soirée s'est poursuivie par un débat avec Emmanuel Decaux, ancien Président du Comité des Disparitions Forcées des Nations Unies et par quelques mots de Bonfiacio Sanchez, porte parole de l'association espagnole pour la Récupération de la Mémoire Historique.

Avec un peu de re**rd...Notre #communiqué à l'occasion de la Journée Internationale des Victimes de Disparition Forcée (...
31/08/2021

Avec un peu de re**rd...
Notre #communiqué à l'occasion de la Journée Internationale des Victimes de Disparition Forcée (2021).
Le combat ne s'arrête pas.

Venez nous retrouver nombreuses et nombreux pour nos deux événements à l'occasion de la Journée Internationale contre le...
26/08/2021

Venez nous retrouver nombreuses et nombreux pour nos deux événements à l'occasion de la Journée Internationale contre les Disparitions Forcées !
Ça se passe juste ici, les 3 et 4 septembre 👇
https://www.facebook.com/events/228693889055005?acontext=%7B%22event_action_history%22%3A[%7B%22surface%22%3A%22page%22%7D]%7D

Venez nous retrouver nombreuses et nombreux pour nos deux événements à l'occasion de la Journée Internationale contre les Disparitions Forcées !
Ça se passe juste ici, les 3 et 4 septembre 👇
https://www.facebook.com/events/228693889055005?acontext=%7B%22event_action_history%22%3A[%7B%22surface%22%3A%22page%22%7D]%7D

Join Us for An Event on Enforced Disappearances in Syria - https://mailchi.mp/.../join-us-for-an-event-on-enforced...The...
10/06/2021

Join Us for An Event on Enforced Disappearances in Syria -
https://mailchi.mp/.../join-us-for-an-event-on-enforced...

The Syrian Emergency Task Force (SETF) and the Euro-Mediterranean Federation Against Enforced Disappearance (FEMED) invite you to join our event “Bearing Witness: The Quest
for Truth and Justice for the Disappeared” to learn more. The webinar will take place on June 22, 2021 from 11AM EST to 12PM EST (5PM to 6PM Paris time).

Join Us for An Event on Enforced Disappearances in Syria - https://mailchi.mp/syriantaskforce.org/join-us-for-an-event-on-enforced-disappearances-in-syria

The Syrian Emergency Task Force (SETF) and the Euro-Mediterranean Federation Against
Enforced Disappearance (FEMED) invite you to join our event “Bearing Witness: The Quest
for Truth and Justice for the Disappeared” to learn more. The webinar will take place on
June 22, 2021 from 11AM EST to 12PM EST.

En cette semaine de commémoration pour les victimes de disparitions forcées, la FEMED tient à apporter son soutien aux v...
27/05/2021

En cette semaine de commémoration pour les victimes de disparitions forcées, la FEMED tient à apporter son soutien aux victimes, disparu(e)s ou proche de disparu(e)s, qui ont lutté, luttent et continueront de lutter pour que vérité soit faite.

Le combat de la FEMED et d’autres organisations, familles et individus à travers le monde n’est pas nouveau. C’est pourquoi nous vous invitons à lire les mots de Julio Cortazar prononcés lors du Colloque sur les disparitions forcées en Amérique latine qui se tenait à Paris les 31 janvier et 1 février 1981 :

« Je pense que tout le monde sera d’accord avec moi que, chaque fois que nous prenons contact avec le problème des disparus, en Argentine ou en d’autres pays latino-américains, à partir de témoignages personnels ou de documents, le sentiment qui se manifeste presque immédiatement est celui du diabolique. Sans doute vivons-nous dans une époque où se référer au diable apparaît chaque fois plus naïf ou plus fou et, pourtant, il est impossible d’affronter la réalité des disparitions sans que quelque chose en nous-mêmes perçoive la présence d’un élément infra-humain, d’une force qui semble venir des profondeurs de ces abîmes où, inévitablement, l’imagination finit par situer tous ceux qui ont disparu. Si 48 les choses apparaissent relativement explicables en surface — les objectifs, les méthodes et les conséquences des disparitions — il reste malgré tout un arrièreplan irréductible à toute raison, à toute justification humaine, et c’est alors qu’intervient le sentiment du diabolique comme si, pour un moment, nous étions ramenés aux croyances médiévales du bien et du mal, comme si, malgré toutes nos défenses intellectuelles, le démoniaque était de nouveau là, présent, à nous dire : « Tu vois, j ’existe : tu en es la preuve ».

Mais, dans ce cas, par malheur, le diabolique est humain, trop humain ! Ceux qui ont orchestré une technique pour l’appliquer bien au-delà de cas isolés et en faire une pratique, dont les chiffres publiés après la récente enquête de l’O.E.A. illustrent le caractère systématique, ceux-là savent parfaitement que ce procédé présente un double avantage pour eux : éliminer un adversaire réel ou potentiel (sans parler de ceux qui ne le sont même pas, mais qui tombent dans le piège par l’effet du hasard, de la brutalité ou du sadisme) et, dans le même temps, par la plus monstrueuse des chirurgies, greffer, sur ceux qui doivent vivre la disparition d’êtres chers, la double présence de la peur et de l’espérance.

D’un côté, on supprime un antagoniste virtuel ou réel et, de l’autre, on crée les conditions pour que les parents ou les amis de la victime se sentent obligés, dans bien des cas, à garder le silence comme unique possibilité de sauvegarder la vie de ceux que leur cœur refuse à admettre comme morts. Si l’on retient l’estimation, qui paraît être bien en deçà de la réalité, de 8 à 10 000 disparus en Argentine, il est facile d’imaginer le nombre de ceux qui conservent encore l’espoir de les revoir en vie.

Le chantage moral que cela signifie pour ces derniers, chantage qui, bien souvent, se double d’escroquerie pure et simple lorsqu’on promet de faire des recherches positives contre de l’argent, est la prolongation abominable d’un état de choses où rien n’est défini, ou des promesses et des paroles à demi-mot multiplient à l’infini un panorama quotidien empli de silhouettes crépusculaires, que personne n’a la force d’enterrer définitivement.

Beaucoup d’entre nous ont reçu des témoignages insupportables de cet état de choses, qui peut même en arriver au niveau des messages indirects, des appels téléphoniques où l’on croit reconnaître une voix aimée qui ne prononce que quelques mots, seulement pour assurer qu’elle est encore de ce côté, alors que ceux qui écoutent doivent faire les questions les plus élémentaires, de peur qu’elles ne portent immédiatement préjudice au prisonnier supposé. Un dialogue réel ou inventé entre l’enfer et la terre, c’est l’unique aliment de cette espérance qui ne veut admettre ce que tant d’évidences négatives lui apportent depuis des mois, depuis des années.

La négation obstinée de l’absence finale

S’il est vrai que toute mort humaine entraîne une irrévocable absence, que dire de cette absence qui continue à s’imposer comme une présence abstraite, comme la négation obstinée de l’absence finale ?

Cet étage manquait à l’enfer dantesque et les prétendus gouvernants de mon pays, entre autres, se sont chargés de la tâche sinistre de le créer et de le peupler. C’est de cette population fantomatique, à la fois si proche et si lointaine, qu’il est question ici.

Au-delà et en-deçà des considérations juridiques et des recherches de normes de droit interne et international, c’est de ce peuple d’ombres que nous parlons.

En cette heure d’étude et de réflexion, destinée à créer des instruments plus efficaces pour défendre les libertés et les droits bafoués par les dictatures, la présence invisible de milliers de disparus précède, dépasse et continue tout le travail intellectuel que nous pourrions accomplir. Ici, où ils sont évoqués comme thème de travail, ici, nous devons les sentir présents et proches, nous regardant, nous parlant.

Mais il y a aussi les voix vivantes des survivants et des témoins : tous ceux qui ont lu des rapports comme celui de la Commission des droits de l’homme de ÏO.E.A. gardent dans leur mémoire, gravés en lettres de feu, les cas présentés comme typiques, les exemples isolés d’une extermination qui ne veut même pas dire son nom et qui comporte des milliers d’autres cas, peut-être moins documentés, mais tout aussi monstrueux.

Ainsi, pour ne prendre que quelques cas isolés, qui pourrait oublier la disparition de la petite Clara Anahi Mariani, parmi tant d’autres cas d’enfants et d’adolescents qui vivaient hors de l’histoire et de la politique, sans la moindre responsabilité face à ceux qui avancent aujourd’hui des raisons d’ordre et de souveraineté nationale pour justifier leurs crimes ?

Qui peut oublier le sort de Silvia Corazza de Sanchez, la jeune ouvrière dont la petite fille naquit en prison et qui a été emmenée, des mois plus t**d, chez la grand-mère pour lui confier l’enfant, avant de disparaître définitivement. Qui peut oublier l’hallucinant témoignage sur le camp militaire de « la Perla » écrit par une survivante, Graciela Susana Guena, et publié par la Commission argentine des droits de l’homme ?

Je cite ces noms au hasard des souvenirs, images isolées de quelques pierres de cet interminable cimetière d’ensevelis en vie.

Mais chaque nom vaut pour cent, pour mille cas semblables qui se distinguent seulement par le degré de cruauté et de sadisme de cette monstrueuse volonté d’exterminer, qui n’a déjà plus rien à voir avec la lutte ouverte, mais s’alimente, en revanche, de la force brute, de l’anonymat et des pires tendances de l’homme qui en arrive au plaisir de torturer et d’outrager des êtres sans défense.

Si quelque chose me fait honte, face à ce fratricide qui s’accomplit dans le plus profond secret pour être cyniquement nié ensuite, c’est que ses responsables et exécutants sont des Argentins, des Uruguayens ou des Chiliens. Avant et après avoir accompli leur sale besogne, ce sont les mêmes qui réapparaissent à la surface et vont s’asseoir dans les mêmes cafés, dans les mêmes cinémas que ceux où se réunissent ceux-là qui, aujourd’hui ou demain, peuvent devenir leurs victimes.

Je le dis sans vouloir manier le paradoxe : plus heureux sont les peuples qui ont pu ou peuvent lutter contre la terreur d’une occupation étrangère. Plus heureux, oui, car leurs bourreaux viennent d’ailleurs, parlent une autre langue, obéissent à d’autres manières de vivre.

Quand la disparition et la torture sont le fait d’hommes qui parlent comme nous, qui ont les mêmes noms et les mêmes écoles, qui partagent nos coutumes et nos gestes, qui viennent du même sol et de la même histoire, alors s’ouvre en notre conscience et en notre cœur un abîme infiniment plus profond que ne peut l’exprimer une parole qui voudrait le stigmatiser.

Mais, justement pour cela, parce que nous touchons en ce moment le fond comme jamais dans notre histoire, pourtant remplie de sombres étapes, pour cette raison précisément, il nous faut assumer de front et ouvertement cette réalité que beaucoup tentent déjà de faire passer comme étant terminée.

Il faut maintenir dans un présent obstiné, avec tout son sang et son ignominie, ce que déjà on cherche à faire entrer dans le pays commode de l’oubli. Il faut continuer à considérer comme vivants ceux qui, peut-être, ne le sont plus, mais nous avons l’obligation de les réclamer, un par un, jusqu’à ce que la réponse apporte finalement la vérité que l’on cherche aujourd’hui à éluder.

Voilà pourquoi tout ce que nous pourrons faire sur le plan national ou international va bien au-delà de la finalité immédiate du discours. L’exemple admirable des Mères de la Place de Mai rend vivant ce que l’on appelle dignité, liberté et surtout avenir.

Julio CORTAZAR

En cette semaine de commémoration pour les victimes de disparitions forcées, la FEMED tient à apporter son soutien aux victimes, disparu(e)s ou proche de disparu(e)s, qui ont lutté, luttent et continueront de lutter pour que vérité soit faite.

Le combat de la FEMED et d’autres organisations, familles et individus à travers le monde n’est pas nouveau. C’est pourquoi nous vous invitons à lire les mots de Julio Cortazar prononcés lors du Colloque sur les disparitions forcées en Amérique latine qui se tenait à Paris les 31 janvier et 1 février 1981 :

« Je pense que tout le monde sera d’accord avec moi que, chaque fois que nous prenons contact avec le problème des disparus, en Argentine ou en d’autres pays latino-américains, à partir de témoignages personnels ou de documents, le sentiment qui se manifeste presque immédiatement est celui du diabolique. Sans doute vivons-nous dans une époque où se référer au diable apparaît chaque fois plus naïf ou plus fou et, pourtant, il est impossible d’affronter la réalité des disparitions sans que quelque chose en nous-mêmes perçoive la présence d’un élément infra-humain, d’une force qui semble venir des profondeurs de ces abîmes où, inévitablement, l’imagination finit par situer tous ceux qui ont disparu. Si 48 les choses apparaissent relativement explicables en surface — les objectifs, les méthodes et les conséquences des disparitions — il reste malgré tout un arrièreplan irréductible à toute raison, à toute justification humaine, et c’est alors qu’intervient le sentiment du diabolique comme si, pour un moment, nous étions ramenés aux croyances médiévales du bien et du mal, comme si, malgré toutes nos défenses intellectuelles, le démoniaque était de nouveau là, présent, à nous dire : « Tu vois, j ’existe : tu en es la preuve ».

Mais, dans ce cas, par malheur, le diabolique est humain, trop humain ! Ceux qui ont orchestré une technique pour l’appliquer bien au-delà de cas isolés et en faire une pratique, dont les chiffres publiés après la récente enquête de l’O.E.A. illustrent le caractère systématique, ceux-là savent parfaitement que ce procédé présente un double avantage pour eux : éliminer un adversaire réel ou potentiel (sans parler de ceux qui ne le sont même pas, mais qui tombent dans le piège par l’effet du hasard, de la brutalité ou du sadisme) et, dans le même temps, par la plus monstrueuse des chirurgies, greffer, sur ceux qui doivent vivre la disparition d’êtres chers, la double présence de la peur et de l’espérance.

D’un côté, on supprime un antagoniste virtuel ou réel et, de l’autre, on crée les conditions pour que les parents ou les amis de la victime se sentent obligés, dans bien des cas, à garder le silence comme unique possibilité de sauvegarder la vie de ceux que leur cœur refuse à admettre comme morts. Si l’on retient l’estimation, qui paraît être bien en deçà de la réalité, de 8 à 10 000 disparus en Argentine, il est facile d’imaginer le nombre de ceux qui conservent encore l’espoir de les revoir en vie.

Le chantage moral que cela signifie pour ces derniers, chantage qui, bien souvent, se double d’escroquerie pure et simple lorsqu’on promet de faire des recherches positives contre de l’argent, est la prolongation abominable d’un état de choses où rien n’est défini, ou des promesses et des paroles à demi-mot multiplient à l’infini un panorama quotidien empli de silhouettes crépusculaires, que personne n’a la force d’enterrer définitivement.

Beaucoup d’entre nous ont reçu des témoignages insupportables de cet état de choses, qui peut même en arriver au niveau des messages indirects, des appels téléphoniques où l’on croit reconnaître une voix aimée qui ne prononce que quelques mots, seulement pour assurer qu’elle est encore de ce côté, alors que ceux qui écoutent doivent faire les questions les plus élémentaires, de peur qu’elles ne portent immédiatement préjudice au prisonnier supposé. Un dialogue réel ou inventé entre l’enfer et la terre, c’est l’unique aliment de cette espérance qui ne veut admettre ce que tant d’évidences négatives lui apportent depuis des mois, depuis des années.

La négation obstinée de l’absence finale

S’il est vrai que toute mort humaine entraîne une irrévocable absence, que dire de cette absence qui continue à s’imposer comme une présence abstraite, comme la négation obstinée de l’absence finale ?

Cet étage manquait à l’enfer dantesque et les prétendus gouvernants de mon pays, entre autres, se sont chargés de la tâche sinistre de le créer et de le peupler. C’est de cette population fantomatique, à la fois si proche et si lointaine, qu’il est question ici.

Au-delà et en-deçà des considérations juridiques et des recherches de normes de droit interne et international, c’est de ce peuple d’ombres que nous parlons.

En cette heure d’étude et de réflexion, destinée à créer des instruments plus efficaces pour défendre les libertés et les droits bafoués par les dictatures, la présence invisible de milliers de disparus précède, dépasse et continue tout le travail intellectuel que nous pourrions accomplir. Ici, où ils sont évoqués comme thème de travail, ici, nous devons les sentir présents et proches, nous regardant, nous parlant.

Mais il y a aussi les voix vivantes des survivants et des témoins : tous ceux qui ont lu des rapports comme celui de la Commission des droits de l’homme de ÏO.E.A. gardent dans leur mémoire, gravés en lettres de feu, les cas présentés comme typiques, les exemples isolés d’une extermination qui ne veut même pas dire son nom et qui comporte des milliers d’autres cas, peut-être moins documentés, mais tout aussi monstrueux.

Ainsi, pour ne prendre que quelques cas isolés, qui pourrait oublier la disparition de la petite Clara Anahi Mariani, parmi tant d’autres cas d’enfants et d’adolescents qui vivaient hors de l’histoire et de la politique, sans la moindre responsabilité face à ceux qui avancent aujourd’hui des raisons d’ordre et de souveraineté nationale pour justifier leurs crimes ?

Qui peut oublier le sort de Silvia Corazza de Sanchez, la jeune ouvrière dont la petite fille naquit en prison et qui a été emmenée, des mois plus t**d, chez la grand-mère pour lui confier l’enfant, avant de disparaître définitivement. Qui peut oublier l’hallucinant témoignage sur le camp militaire de « la Perla » écrit par une survivante, Graciela Susana Guena, et publié par la Commission argentine des droits de l’homme ?

Je cite ces noms au hasard des souvenirs, images isolées de quelques pierres de cet interminable cimetière d’ensevelis en vie.

Mais chaque nom vaut pour cent, pour mille cas semblables qui se distinguent seulement par le degré de cruauté et de sadisme de cette monstrueuse volonté d’exterminer, qui n’a déjà plus rien à voir avec la lutte ouverte, mais s’alimente, en revanche, de la force brute, de l’anonymat et des pires tendances de l’homme qui en arrive au plaisir de torturer et d’outrager des êtres sans défense.

Si quelque chose me fait honte, face à ce fratricide qui s’accomplit dans le plus profond secret pour être cyniquement nié ensuite, c’est que ses responsables et exécutants sont des Argentins, des Uruguayens ou des Chiliens. Avant et après avoir accompli leur sale besogne, ce sont les mêmes qui réapparaissent à la surface et vont s’asseoir dans les mêmes cafés, dans les mêmes cinémas que ceux où se réunissent ceux-là qui, aujourd’hui ou demain, peuvent devenir leurs victimes.

Je le dis sans vouloir manier le paradoxe : plus heureux sont les peuples qui ont pu ou peuvent lutter contre la terreur d’une occupation étrangère. Plus heureux, oui, car leurs bourreaux viennent d’ailleurs, parlent une autre langue, obéissent à d’autres manières de vivre.

Quand la disparition et la torture sont le fait d’hommes qui parlent comme nous, qui ont les mêmes noms et les mêmes écoles, qui partagent nos coutumes et nos gestes, qui viennent du même sol et de la même histoire, alors s’ouvre en notre conscience et en notre cœur un abîme infiniment plus profond que ne peut l’exprimer une parole qui voudrait le stigmatiser.

Mais, justement pour cela, parce que nous touchons en ce moment le fond comme jamais dans notre histoire, pourtant remplie de sombres étapes, pour cette raison précisément, il nous faut assumer de front et ouvertement cette réalité que beaucoup tentent déjà de faire passer comme étant terminée.

Il faut maintenir dans un présent obstiné, avec tout son sang et son ignominie, ce que déjà on cherche à faire entrer dans le pays commode de l’oubli. Il faut continuer à considérer comme vivants ceux qui, peut-être, ne le sont plus, mais nous avons l’obligation de les réclamer, un par un, jusqu’à ce que la réponse apporte finalement la vérité que l’on cherche aujourd’hui à éluder.

Voilà pourquoi tout ce que nous pourrons faire sur le plan national ou international va bien au-delà de la finalité immédiate du discours. L’exemple admirable des Mères de la Place de Mai rend vivant ce que l’on appelle dignité, liberté et surtout avenir.

Julio CORTAZAR

Adresse

77bis Rue De Robespierre
Montreuil
93100

Heures d'ouverture

Lundi 09:30 - 17:30
Mardi 09:30 - 17:30
Mercredi 09:30 - 17:30
Jeudi 09:30 - 17:30
Vendredi 09:30 - 17:30

Téléphone

07 60 21 06 22

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque Fédération Euro-Méditerranéenne contre les Disparitions Forcées - FEMED publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Contacter L'entreprise

Envoyer un message à Fédération Euro-Méditerranéenne contre les Disparitions Forcées - FEMED:

Vidéos

Our Story

La Fédération Euro-Méditerranéenne Contre les Disparitions Forcées (FEMED) fut créée en Mai 2007 au Liban à Beyrouth, résultante de la coalition des associations des familles des disparus. Elle a pour objectif de lutter allant à cesser toute pratique de disparition forcée dans les pays du pourtour méditerranéen.

Compte tenu des difficultés rencontrées par les associations des familles des disparus, notamment au regard de nombreuses violations de leur droit en termes de liberté d’association, de réunion pacifique et d’expression de toutes formes d’opinions, il nécessite de structurer et de mutualiser tous les efforts possibles pour mettre fin à la pratique effréné de disparition forcée.

Les Associations des familles des disparus de l’Union Européenne, de l’Europe Orientale, du Maghreb et du Moyen Orient doivent renforcer leurs échanges d’expériences pour faire face aux défis émergeant et établir des dispositifs efficients, efficaces et stricts pour mettre un terme à tout phénomène de disparition forcée dans la région Euro-Méditerranéenne.

Lors de sa création en 2007, la FEMED fut composée de quatre (04) associations dont le Collectif des Familles des Disparus en Algérie (CFDA), le Centre Libanais des Droits Humains (CLDH), l’Association des parents et Amis de Disparus au Maroc, et l’Association Turque Mères pour la paix. Aujourd’hui, 26 associations issues de 12 pays de la région Euro-Méditerranéenne composent la FEMED.

Organisations à But Non Lucratifss á proximité


Autres Organisation non gouvernementale (ONG) à Montreuil

Voir Toutes