A mots croisés

A mots croisés Des ateliers d'écriture inscrits dans la culture et dans la vie.

Fonctionnement normal

Point d’orgue de la saison 2020-2021, un atelier A Mots croisés hors les murs… dans un lieu riche en histoire : le Mouli...
20/07/2021

Point d’orgue de la saison 2020-2021, un atelier A Mots croisés hors les murs… dans un lieu riche en histoire : le Moulin de Villeneuve* à Saint-Arnoult-en-Yvelines où Louis Aragon et Elsa Triolet ont emménagé en 1951 et où ils ont écrit quelques-unes des plus belles pages de la littérature française du XXe siècle. Inextricablement, leurs œuvres se croisent et se répondent, s’allient et se prolongent.

Nos écrivants ont visité la maison-musée, restée intacte à leur décès, et ont pu découvrir plusieurs bibliothèques (plus de 30.000 volumes !), les objets de leur quotidien, des œuvres d’art ayant appartenu au couple. Ils se sont ensuite recueillis sur la tombe des deux écrivains, au pied de deux grands hêtres où une musique est diffusée en permanence : la Sarabande de Bach.**

C’est au « Bal parquet » que le groupe s’est ensuite retrouvé pour un atelier d’écriture autour des poèmes des deux écrivains - certains poèmes étant plus connus que d’autres puisqu’ils ont été interprétés par Léo Ferré, Jean Ferrat ou Barbara. Portés par la magie du lieu et séduits par les mots d’Elsa Triolet et de Louis Aragon, nos écrivants se sont lancés, avec passion, dans l'écriture.

Pour amplifier leurs écrits, nous vous proposons d’aller à la découverte de leurs poèmes … en écoutant l’audio ! Laissez-vous porter par les voix de Danielle, Michel, Francine, Carmen, Annie, Laurent, Anne, Maximilien. Pénétrez leurs univers, goûtez à des ambiances très différentes les unes des autres, laissez-vous bercer par les rythmes, les mots, la musique. Bien sûr, vous pourrez aussi lire leurs poèmes, ces prochains jours !

https://soundcloud.com/maximilien-petit-87085424/elsa-triolet-aragon-a-mots

===
* Plus d’infos https://www.maison-triolet-aragon.com

** On peut lire sur la tombe cette phrase d’Elsa Triolet, tirée de la préface de leurs Œuvres romanesques croisées :

« Quand côte à côte nous serons enfin des gisants, l’alliance de nos livres nous réunira pour le meilleur et pour le pire dans cet avenir qui était notre rêve et notre souci majeur, à toi et à moi. La mort aidant, on aurait peut-être essayé, et réussi à nous séparer plus sûrement que la guerre de notre vivant, les morts sont sans défense. Alors nos livres croisés viendront, noir sur blanc la main dans la main s'opposer à ce qu'on nous arrache l'un à l'autre. ELSA »

Point d’orgue de la saison 2020-2021, un atelier A Mots croisés hors les murs… dans un lieu riche en histoire : le Moulin de Villeneuve* à Saint-Arnoult-en-Yvelines où Louis Aragon et Elsa Triolet ont emménagé en 1951 et où ils ont écrit quelques-unes des plus belles pages de la littérature française du XXe siècle. Inextricablement, leurs œuvres se croisent et se répondent, s’allient et se prolongent.

Nos écrivants ont visité la maison-musée, restée intacte à leur décès, et ont pu découvrir plusieurs bibliothèques (plus de 30.000 volumes !), les objets de leur quotidien, des œuvres d’art ayant appartenu au couple. Ils se sont ensuite recueillis sur la tombe des deux écrivains, au pied de deux grands hêtres où une musique est diffusée en permanence : la Sarabande de Bach.**

C’est au « Bal parquet » que le groupe s’est ensuite retrouvé pour un atelier d’écriture autour des poèmes des deux écrivains - certains poèmes étant plus connus que d’autres puisqu’ils ont été interprétés par Léo Ferré, Jean Ferrat ou Barbara. Portés par la magie du lieu et séduits par les mots d’Elsa Triolet et de Louis Aragon, nos écrivants se sont lancés, avec passion, dans l'écriture.

Pour amplifier leurs écrits, nous vous proposons d’aller à la découverte de leurs poèmes … en écoutant l’audio ! Laissez-vous porter par les voix de Danielle, Michel, Francine, Carmen, Annie, Laurent, Anne, Maximilien. Pénétrez leurs univers, goûtez à des ambiances très différentes les unes des autres, laissez-vous bercer par les rythmes, les mots, la musique. Bien sûr, vous pourrez aussi lire leurs poèmes, ces prochains jours !

https://soundcloud.com/maximilien-petit-87085424/elsa-triolet-aragon-a-mots

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* Plus d’infos https://www.maison-triolet-aragon.com

** On peut lire sur la tombe cette phrase d’Elsa Triolet, tirée de la préface de leurs Œuvres romanesques croisées :

« Quand côte à côte nous serons enfin des gisants, l’alliance de nos livres nous réunira pour le meilleur et pour le pire dans cet avenir qui était notre rêve et notre souci majeur, à toi et à moi. La mort aidant, on aurait peut-être essayé, et réussi à nous séparer plus sûrement que la guerre de notre vivant, les morts sont sans défense. Alors nos livres croisés viendront, noir sur blanc la main dans la main s'opposer à ce qu'on nous arrache l'un à l'autre. ELSA »

C’est LA bonne nouvelle de l’été … La Ville de Bagneux va ouvrir un lieu dédié aux associations balnéolaises pour qu’ell...
19/07/2021

C’est LA bonne nouvelle de l’été … La Ville de Bagneux va ouvrir un lieu dédié aux associations balnéolaises pour qu’elles puissent y proposer des animations tous publics !

À Mots croisés a pu visiter le site éphémère (pour deux-trois ans), le temps de construire… le définitif ! Il est situé au 49 Rue Alphonse-Pluchet. Ce pavillon coquet offre un large espace ainsi qu’un jardin qui vont permettre d’offrir une belle programmation dans les mois qui viennent. Les espaces sont lumineux et certains très vastes. La galerie de photos vous donne un premier aperçu !

Toutes les associations balnéolaises pourront s’y investir, A Mots croisés aussi ! Nous réfléchissons donc aux animations, défis d’écriture, lectures, etc. à y proposer. Si vous avez un souhait, une idée… n’hésitez pas à partager avec nous !

Stay tuned ! À bientôt !

C’est LA bonne nouvelle de l’été … La Ville de Bagneux va ouvrir un lieu dédié aux associations balnéolaises pour qu’elles puissent y proposer des animations tous publics !

À Mots croisés a pu visiter le site éphémère (pour deux-trois ans), le temps de construire… le définitif ! Il est situé au 49 Rue Alphonse-Pluchet. Ce pavillon coquet offre un large espace ainsi qu’un jardin qui vont permettre d’offrir une belle programmation dans les mois qui viennent. Les espaces sont lumineux et certains très vastes. La galerie de photos vous donne un premier aperçu !

Toutes les associations balnéolaises pourront s’y investir, A Mots croisés aussi ! Nous réfléchissons donc aux animations, défis d’écriture, lectures, etc. à y proposer. Si vous avez un souhait, une idée… n’hésitez pas à partager avec nous !

Stay tuned ! À bientôt !

Dans le cadre de la programmation « Voilà l’été » organisée par la ville de Bagneux du 7 juillet 2021 au 25 août 2021, À...
18/07/2021

Dans le cadre de la programmation « Voilà l’été » organisée par la ville de Bagneux du 7 juillet 2021 au 25 août 2021, À Mots croisés va proposer une animation autour de l’écriture où nous vous emmènerons au vert.

Grâce à des jeux d’écriture, vous (r)éveillerez vos souvenirs ou ouvrirez vos imaginaires.

🍀Jeudi 29 juillet 2021 « Vive la nature ! »
de 15 h à 16 h - Enfants à partir de 7 ans
de 16 h à 17 h - Adultes

🍀Gratuit - Nombre limité​

🍀Parc Richelieu
6, rue Étienne-Dolet, 92220 Bagneux

Tout le programme 👉 https://www.bagneux92.fr/voila-l-ete

Dans le cadre de la programmation « Voilà l’été » organisée par la ville de Bagneux du 7 juillet 2021 au 25 août 2021, À Mots croisés va proposer une animation autour de l’écriture où nous vous emmènerons au vert.

Grâce à des jeux d’écriture, vous (r)éveillerez vos souvenirs ou ouvrirez vos imaginaires.

🍀Jeudi 29 juillet 2021 « Vive la nature ! »
de 15 h à 16 h - Enfants à partir de 7 ans
de 16 h à 17 h - Adultes

🍀Gratuit - Nombre limité​

🍀Parc Richelieu
6, rue Étienne-Dolet, 92220 Bagneux

Tout le programme 👉 https://www.bagneux92.fr/voila-l-ete

Prêt pour une partie de basket-ball ? Alors, suivez Anne qui va vous entraîner, avec sa b***e orange, dans un tourbillon...
17/07/2021

Prêt pour une partie de basket-ball ? Alors, suivez Anne qui va vous entraîner, avec sa b***e orange, dans un tourbillon d’adrénaline !

« Dernière chance »

Mes pieds ancrés dans le sol sur la ligne du coup franc, je tiens la b***e de mes deux mains moites à hauteur de la poitrine. Mon œil fixe le panier de basket. J’ai le temps d'apercevoir l'horloge numérique sur le mur droit du gymnase.

Il ne reste plus que 6 secondes. C'est l'ultime chance de sortir de l'ex aequo.
De remporter le championnat. J'entends la ferveur de nos supporters,
elle s'estompe peu à peu. C’est maintenant le sang qui cogne dans mes veines, dans ma tempe qui résonne dans ma tête.

Je lève mes bras doucement, je fais un léger mouvement de torsion. Ma main droite se retrouve sur le dessus du ballon, ma gauche dessus. Mon cœur s'emb***e, il est comme un solennel métronome qui égrène les secondes. Les filles comptent sur moi. Je n'ai pas le droit de me louper. Je ne peux pas leur faire ça. Mon œil devient celui de l'aigle, de celui qui ne doit pas rater sa proie. Instinct de survie. Ma main droite aidée de la gauche propulse le ballon vers le panier de basket. Il tournoie sur lui comme une ultime pirouette.

Une fraction de seconde, je n'entends plus rien. Mes yeux ne voient plus. Le ballon termine sa course dans une explosion de joie. Il est rentré ! « Ça y est, on l'a fait ! On est championnes, les filles !!!! »

Prêt pour une partie de basket-ball ? Alors, suivez Anne qui va vous entraîner, avec sa b***e orange, dans un tourbillon d’adrénaline !

« Dernière chance »

Mes pieds ancrés dans le sol sur la ligne du coup franc, je tiens la b***e de mes deux mains moites à hauteur de la poitrine. Mon œil fixe le panier de basket. J’ai le temps d'apercevoir l'horloge numérique sur le mur droit du gymnase.

Il ne reste plus que 6 secondes. C'est l'ultime chance de sortir de l'ex aequo.
De remporter le championnat. J'entends la ferveur de nos supporters,
elle s'estompe peu à peu. C’est maintenant le sang qui cogne dans mes veines, dans ma tempe qui résonne dans ma tête.

Je lève mes bras doucement, je fais un léger mouvement de torsion. Ma main droite se retrouve sur le dessus du ballon, ma gauche dessus. Mon cœur s'emb***e, il est comme un solennel métronome qui égrène les secondes. Les filles comptent sur moi. Je n'ai pas le droit de me louper. Je ne peux pas leur faire ça. Mon œil devient celui de l'aigle, de celui qui ne doit pas rater sa proie. Instinct de survie. Ma main droite aidée de la gauche propulse le ballon vers le panier de basket. Il tournoie sur lui comme une ultime pirouette.

Une fraction de seconde, je n'entends plus rien. Mes yeux ne voient plus. Le ballon termine sa course dans une explosion de joie. Il est rentré ! « Ça y est, on l'a fait ! On est championnes, les filles !!!! »

Après le cheval « Tempête », vous allez trouver la grâce, la légèreté de … la grue blanche, l’animal de la longévité et ...
16/07/2021

Après le cheval « Tempête », vous allez trouver la grâce, la légèreté de … la grue blanche, l’animal de la longévité et de la sagesse symbolisant la pureté et l’élévation de l’esprit dans la culture orientale.

C’est Francine qui va partager avec vous, cher lecteur, sa recherche de tranquillité dans sa pratique du tai-chi, une gymnastique énergétique ! On ne précipite rien … Prenez le temps de vous ancrer … Respirez … Bonne lecture !

« La grue blanche »

C’est la fin des vacances de Noël, je marche dans les rues encore enneigées et le froid me fait frissonner. J’arrive à la salle de sports de mon quartier et je retrouve un peu de chaleur, ainsi que mes complices du samedi matin. Nous sommes heureux de nous retrouver, de nous raconter nos cadeaux, de nous amuser des péripéties de nos réveillons.

Notre maître de tai-chi nous attend déjà dans la salle. Comme à son habitude, après l’émargement des présents, elle fait la mise en place de chacun et nous faisons ensemble le salut face au nord. Après quelques mouvements d’échauffement et d’assouplissement, nous commençons la première partie. Nos gestes doivent être souples et lents pour ressentir l’énergie. Nous arrivons au mouvement que j’apprécie le mieux “la grue blanche”.

Nous sommes dans la position du joueur de p**a. Jambe gauche fléchie, pied droit sur le talon et un peu en avant. Les bras devant la poitrine comme tenant le bras d’un attaquant imaginaire. Bras droit plus haut que le gauche. Position en équilibre qu’il faut tenir un petit moment avant de poursuivre sur le mouvement suivant. Ma main droite descend, la gauche remonte formant un grand cercle. Dans le même temps mon pied droit s’élève assez haut et fait un pas en avant. Mes bras se croissent et ma main gauche passe au niveau du creux du coude droit. Ils se séparent lentement. Ma main droite allant vers le haut au-dessus de ma tête, paume de la main vers le plafond. La main gauche descendant la paume vers le sol le long de mon corps. Simultanément ma jambe gauche s’avance et je pose mes doigts de pied au sol, talon relevé, à coté et un peu devant de mon pied droit.

Mes deux jambes restent fléchies. Le professeur passe dans les rangs pour corriger les positions, faire ses rectifications. Il faut rester immobile. Après un moment, mes jambes commencent à trembler. La douleur gagne mes cuisses, mes mollets. Plus le temps passe plus la douleur grandie, les tremblements augmentent. Mes bras commencent à être lourds. Les crispations puis les crampes arrivent, mais il faut tenir jusqu’au moment de la libération. Une goutte de sueur coule le long de ma colonne vertébrale.

Le maître donne l’ordre de relâcher, je marche pour me soulager les jambes et je fais tourner mes bras. Ce mouvement technique est esthétique. Il est agréable à faire et me procure une certaine joie intérieure de l’avoir réussi et aujourd’hui, oui, je suis contente de moi.

Après le cheval « Tempête », vous allez trouver la grâce, la légèreté de … la grue blanche, l’animal de la longévité et de la sagesse symbolisant la pureté et l’élévation de l’esprit dans la culture orientale.

C’est Francine qui va partager avec vous, cher lecteur, sa recherche de tranquillité dans sa pratique du tai-chi, une gymnastique énergétique ! On ne précipite rien … Prenez le temps de vous ancrer … Respirez … Bonne lecture !

« La grue blanche »

C’est la fin des vacances de Noël, je marche dans les rues encore enneigées et le froid me fait frissonner. J’arrive à la salle de sports de mon quartier et je retrouve un peu de chaleur, ainsi que mes complices du samedi matin. Nous sommes heureux de nous retrouver, de nous raconter nos cadeaux, de nous amuser des péripéties de nos réveillons.

Notre maître de tai-chi nous attend déjà dans la salle. Comme à son habitude, après l’émargement des présents, elle fait la mise en place de chacun et nous faisons ensemble le salut face au nord. Après quelques mouvements d’échauffement et d’assouplissement, nous commençons la première partie. Nos gestes doivent être souples et lents pour ressentir l’énergie. Nous arrivons au mouvement que j’apprécie le mieux “la grue blanche”.

Nous sommes dans la position du joueur de p**a. Jambe gauche fléchie, pied droit sur le talon et un peu en avant. Les bras devant la poitrine comme tenant le bras d’un attaquant imaginaire. Bras droit plus haut que le gauche. Position en équilibre qu’il faut tenir un petit moment avant de poursuivre sur le mouvement suivant. Ma main droite descend, la gauche remonte formant un grand cercle. Dans le même temps mon pied droit s’élève assez haut et fait un pas en avant. Mes bras se croissent et ma main gauche passe au niveau du creux du coude droit. Ils se séparent lentement. Ma main droite allant vers le haut au-dessus de ma tête, paume de la main vers le plafond. La main gauche descendant la paume vers le sol le long de mon corps. Simultanément ma jambe gauche s’avance et je pose mes doigts de pied au sol, talon relevé, à coté et un peu devant de mon pied droit.

Mes deux jambes restent fléchies. Le professeur passe dans les rangs pour corriger les positions, faire ses rectifications. Il faut rester immobile. Après un moment, mes jambes commencent à trembler. La douleur gagne mes cuisses, mes mollets. Plus le temps passe plus la douleur grandie, les tremblements augmentent. Mes bras commencent à être lourds. Les crispations puis les crampes arrivent, mais il faut tenir jusqu’au moment de la libération. Une goutte de sueur coule le long de ma colonne vertébrale.

Le maître donne l’ordre de relâcher, je marche pour me soulager les jambes et je fais tourner mes bras. Ce mouvement technique est esthétique. Il est agréable à faire et me procure une certaine joie intérieure de l’avoir réussi et aujourd’hui, oui, je suis contente de moi.

Être cavalier, c’est relever en permanence des défis… Carmen vous invite à partager un moment inspiré de son vécu. En se...
15/07/2021

Être cavalier, c’est relever en permanence des défis… Carmen vous invite à partager un moment inspiré de son vécu. En selle, les ami.e.s ! Bonne lecture !

« Tempête »


A gauche de la vaste sellerie, se tiennent en rang serré, des ballots de paille blond de blé. Sur l’un deux, sont posés une bombe de velours marine râpée, une fine et longue cravache de cuir noir tressé et des guêtres autrefois bien blanches, désormais usagées. Tout l’équipement du parfait cavalier respire l’occasion bon marché. Des hirondelles vont et viennent, comme s’il n’y avait personne, dans la sellerie. Elles ont des petits à nourrir, alors peu leur importe les allées et venues des cavaliers. Une poussière lourde, grise faite de terre, de sable et de poils des chevaux se pose partout où elle le veut. Elle restera là pour longtemps car c’est peine perdue que de chercher à s’en débarrasser.
Ici les odeurs s’entremêlent…le foin, la sueur des bêtes et des hommes, le cuir des bottes.

Deux rangées de selles attendent que l’on vienne les emporter et les filets aux mors d’acier, pendent sur le mur opposé. Les tap*s, quant à eux, sont superposés. Pour se servir, il suffit de piocher celui du dessus et tant p*s s’il est moche ou abîmé. Des éperons aux reflets argentés, se tiennent tranquilles sur une étagère haute, histoire de dissuader ceux qui seraient tentés de les utiliser sur des montures indociles.

Je me dirige droit vers la selle correspondant au cheval que le moniteur vient de m’affecter pour la reprise du jour. Pour la toute première fois, J’ai hérité de « Tempête », un bai brun à double balzane, buvant dans son blanc, et à l’œil torve. S’il n’est pas le plus grand de tous les chevaux du club, il n’en est pas moins l’un des plus difficile à monter. Sa mauvaise réputation parmi les cavaliers n’est plus à démontrer.

Je respire profondément pour chasser de mon esprit les sentiments de crainte qu’il m’inspire. Il est pratiquement certain que si Tempête ressent ma peur il va me pourrir la leçon. Il est des chevaux comme des hommes, certains sont bons, d’autres retors. La selle est placée si haut, que je dois me hausser sur la pointe des pieds pour tenter de la prendre sans me la faire tomber dessus. Une hirondelle, m’estimant trop près de son nid, me frôle le visage de son aile faucille pour bien me faire comprendre, attention pas toucher !!

Devant les écuries, chacun s’affaire à rendre beau son équidé. Ça cure, ça brosse, ça peigne et moi je n’ai encore rien fait de tout cela, à force de me perdre dans d’obscures pensées négatives. Je prends donc le premier licol à portée de main et j’entreprends de sortir mon cheval de son box, où il mangeait, tranquille, sa ration de granulé.

« Allez mon vieux, faut y aller maintenant, tu finiras plus t**d ! » A ma grande surprise, il n’oppose pas la résistance que je craignais. Tempête se laisse mener sans sourciller. Peut-être a-t-il envie, lui aussi d’être étrillé, se débarrasser de la boue séchée sur ses longs poils d’hiver. Je m’active, mes camarades ayant pratiquement fini de seller leur monture. Il tourne la tête et me regarde m’occuper de lui. Un frémissement de peau lui parcourt le dos. Mais c’est qu’il a l’air d’aimer le bougre.

Le moniteur crie d’une voix de stentor qu’il est plus que temps de rejoindre de manège, pour la reprise, que les ret**dataires n’y seront pas admis et resterons sur la touche. Je règle mes étriers en prenant la mesure de mon bras et d’un geste qui se veut sûr, je me hisse sur la selle et j’ajuste très vite mes rênes pour pas laisser à Tempête l’opportunité de prendre l’ascendant sur moi. J’en ai tellement vu des cours où il faisait de qu’il voulait que je m’empresse d’agir vite et sans délai. Jusqu’ici tout va bien mais pour combien de temps ?

Bientôt ses sabots foulent le sable clair. Chaque cheval y laisse ses empreintes, aussitôt recouvertes par le suivant. Tout démarre doucement, dans un calme quasi silencieux, à peine rompu par le bruit de la chambrière d’un moniteur beaucoup trop zélé. Les duos, hommes/bêtes, se cherchent mutuellement et déjà, quelques couacs dans l’harmonie du début du cours. Devant nous, un cavalier peine à maintenir sa monture. Elle lui envoie des messages clairs, ce n’est pas toi le patron. Et pour bien lui faire comprendre, il jette « un petit coup de cul » déstabilisant. Sentant les rênes se resserrer, lui tirant la bouche, l’impertinent équidé met à bas son humain lui offrant une humiliation publique. C’est inouï comme les chevaux peuvent éprouver des sentiments de satisfaction à se défaire d’un gêneur.

Tempête ne bronche toujours pas, exécutant toutes les manœuvres demandées par le moniteur. D’ailleurs, je me surprends à me détendre sur le dos de mon cheval. Il oriente des oreilles vers l’arrière, il est calme, tranquille et réceptif. Lui et moi, ça fonctionne bien on dirait. Ses petites foulées de galops, éjectent du sable sur les côtés avec grâce et légèreté. Il me donne le sentiment de survoler le manège, lui le petit cheval sans distinction particulière mais au caractère bien trempé. Je lui flatte l’encolure et je le sens frémir sous la main. Il transpire mais peu m’importe car, aujourd’hui, il m’apprend beaucoup.

Le cours s’achève sous les remerciements d’usage. Je ramène Tempête qui me regarde fixement. Que s’est-il passé aujourd’hui ? Rien de plus qu’un moment de magie où chacun respectant l’autre, l’amitié a pris corps dans deux esprits en quête d’osmose.

Être cavalier, c’est relever en permanence des défis… Carmen vous invite à partager un moment inspiré de son vécu. En selle, les ami.e.s ! Bonne lecture !

« Tempête »


A gauche de la vaste sellerie, se tiennent en rang serré, des ballots de paille blond de blé. Sur l’un deux, sont posés une bombe de velours marine râpée, une fine et longue cravache de cuir noir tressé et des guêtres autrefois bien blanches, désormais usagées. Tout l’équipement du parfait cavalier respire l’occasion bon marché. Des hirondelles vont et viennent, comme s’il n’y avait personne, dans la sellerie. Elles ont des petits à nourrir, alors peu leur importe les allées et venues des cavaliers. Une poussière lourde, grise faite de terre, de sable et de poils des chevaux se pose partout où elle le veut. Elle restera là pour longtemps car c’est peine perdue que de chercher à s’en débarrasser.
Ici les odeurs s’entremêlent…le foin, la sueur des bêtes et des hommes, le cuir des bottes.

Deux rangées de selles attendent que l’on vienne les emporter et les filets aux mors d’acier, pendent sur le mur opposé. Les tap*s, quant à eux, sont superposés. Pour se servir, il suffit de piocher celui du dessus et tant p*s s’il est moche ou abîmé. Des éperons aux reflets argentés, se tiennent tranquilles sur une étagère haute, histoire de dissuader ceux qui seraient tentés de les utiliser sur des montures indociles.

Je me dirige droit vers la selle correspondant au cheval que le moniteur vient de m’affecter pour la reprise du jour. Pour la toute première fois, J’ai hérité de « Tempête », un bai brun à double balzane, buvant dans son blanc, et à l’œil torve. S’il n’est pas le plus grand de tous les chevaux du club, il n’en est pas moins l’un des plus difficile à monter. Sa mauvaise réputation parmi les cavaliers n’est plus à démontrer.

Je respire profondément pour chasser de mon esprit les sentiments de crainte qu’il m’inspire. Il est pratiquement certain que si Tempête ressent ma peur il va me pourrir la leçon. Il est des chevaux comme des hommes, certains sont bons, d’autres retors. La selle est placée si haut, que je dois me hausser sur la pointe des pieds pour tenter de la prendre sans me la faire tomber dessus. Une hirondelle, m’estimant trop près de son nid, me frôle le visage de son aile faucille pour bien me faire comprendre, attention pas toucher !!

Devant les écuries, chacun s’affaire à rendre beau son équidé. Ça cure, ça brosse, ça peigne et moi je n’ai encore rien fait de tout cela, à force de me perdre dans d’obscures pensées négatives. Je prends donc le premier licol à portée de main et j’entreprends de sortir mon cheval de son box, où il mangeait, tranquille, sa ration de granulé.

« Allez mon vieux, faut y aller maintenant, tu finiras plus t**d ! » A ma grande surprise, il n’oppose pas la résistance que je craignais. Tempête se laisse mener sans sourciller. Peut-être a-t-il envie, lui aussi d’être étrillé, se débarrasser de la boue séchée sur ses longs poils d’hiver. Je m’active, mes camarades ayant pratiquement fini de seller leur monture. Il tourne la tête et me regarde m’occuper de lui. Un frémissement de peau lui parcourt le dos. Mais c’est qu’il a l’air d’aimer le bougre.

Le moniteur crie d’une voix de stentor qu’il est plus que temps de rejoindre de manège, pour la reprise, que les ret**dataires n’y seront pas admis et resterons sur la touche. Je règle mes étriers en prenant la mesure de mon bras et d’un geste qui se veut sûr, je me hisse sur la selle et j’ajuste très vite mes rênes pour pas laisser à Tempête l’opportunité de prendre l’ascendant sur moi. J’en ai tellement vu des cours où il faisait de qu’il voulait que je m’empresse d’agir vite et sans délai. Jusqu’ici tout va bien mais pour combien de temps ?

Bientôt ses sabots foulent le sable clair. Chaque cheval y laisse ses empreintes, aussitôt recouvertes par le suivant. Tout démarre doucement, dans un calme quasi silencieux, à peine rompu par le bruit de la chambrière d’un moniteur beaucoup trop zélé. Les duos, hommes/bêtes, se cherchent mutuellement et déjà, quelques couacs dans l’harmonie du début du cours. Devant nous, un cavalier peine à maintenir sa monture. Elle lui envoie des messages clairs, ce n’est pas toi le patron. Et pour bien lui faire comprendre, il jette « un petit coup de cul » déstabilisant. Sentant les rênes se resserrer, lui tirant la bouche, l’impertinent équidé met à bas son humain lui offrant une humiliation publique. C’est inouï comme les chevaux peuvent éprouver des sentiments de satisfaction à se défaire d’un gêneur.

Tempête ne bronche toujours pas, exécutant toutes les manœuvres demandées par le moniteur. D’ailleurs, je me surprends à me détendre sur le dos de mon cheval. Il oriente des oreilles vers l’arrière, il est calme, tranquille et réceptif. Lui et moi, ça fonctionne bien on dirait. Ses petites foulées de galops, éjectent du sable sur les côtés avec grâce et légèreté. Il me donne le sentiment de survoler le manège, lui le petit cheval sans distinction particulière mais au caractère bien trempé. Je lui flatte l’encolure et je le sens frémir sous la main. Il transpire mais peu m’importe car, aujourd’hui, il m’apprend beaucoup.

Le cours s’achève sous les remerciements d’usage. Je ramène Tempête qui me regarde fixement. Que s’est-il passé aujourd’hui ? Rien de plus qu’un moment de magie où chacun respectant l’autre, l’amitié a pris corps dans deux esprits en quête d’osmose.

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11 Rue Pierre Brossolette
Bagneux
92220

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